L'article

30
juil
2009

Vérités sur le kidnapping de la Française

Une semaine après, Le Messager en sait un peu plus sur le déroulement des événements autour de la tentative d’enlèvement de Mme Boehm Claudine, cadre à Total E&p. Deux des présumés ravisseurs sont aux arrêts. Il s’agit d’un civil, d’un soldat de rang de la marine et d’un troisième complice qui court toujours. Par ailleurs, la victime, Mme Boehm Claudine, a pris l’avion le même soir pour se rendre en France pour y consulter des psychologues. Objectif, évacuer le choc reçu.

Conséquence de cette absence, plusieurs points d’ombre bloquent encore l’enquête que mène personnellement, sur haute instruction du commandant de la légion de gendarmerie du Littoral, le Colonel Emmanuel Meka Meka, le commandant du Groupement de gendarmerie territorial de Douala (Ggtd), le chef d’escadron Jules Ndjeuha. Après l’exploitation des présumés ravisseurs, les enquêteurs auraient souhaité entendre à nouveau Mme Boehm Claudine pour vérifier certaines de leurs déclarations ou mieux, les confondre dans une confrontation.

Or, son départ précipité du Cameroun, sans en avoir avisé les enquêteurs, laisse ces derniers dubitatifs et dans l’expectative. Car ils ne savent toujours pas si ce cadre de Total E&p reviendra au Cameroun. D’autant plus que ce rapt pourrait prendre une dimension diplomatique ; surtout qu’il est survenu au moment où le président de la République, Paul Biya, était en visite officielle en France, et aurait pu être greffé à la scabreuse affaire de Laurence Vergne dont la France attend toujours que les autorités camerounaises fassent la lumière sur cet assassinat. Heureusement, dans l’affaire Mme Boehm Claudine, les circonstances favorables et une collaboration étroite des différents corps ont permis au chef d’escadron Jules Ndjeuha et à ses éléments d’être plus diligents. En rattrapant en moins de 24 heures le deuxième suspect.

Les faits Mercredi 15 juillet 2009 aux environs de 6h 15, comme d’habitude, Mme Claudine Boehm amène promener ses deux chiens à la base Elf avant d’aller au travail. Ce matin-là, à peine est-elle descendue avec son chauffeur de son véhicule 4x4, qu’ils sont approchés par deux hommes en tenue militaire qui, discrètement les ramènent dans le même véhicule. L’un prend place à côté du chauffeur tandis que le second intrus se met sur la banquette arrière. Ils intiment au chauffeur l’ordre de prendre la direction de la zone portuaire en empruntant le boulevard Leclerc. Chemin faisant, le principal acteur assis à côté de dame Boehm dévise avec elle. De ces échanges, il ne fait pas de doute pour le chauffeur qu’il plane sur eux et principalement sur sa patronne, une réelle menace. Ils s’arrêtent à l’avenue De Gaulle, précisément au marché des fleurs où descend l’homme en tenue assis aux côtés du chauffeur. C’est alors que son acolyte qui tient Mme Boehm en respect sur la banquette arrière exige au chauffeur de suivre ses ordres. Une fois vers l’hôtel Le Meridien au carrefour menant vers la place de l’Udeac, le chauffeur réussit à prendre leur ange gardien au dépourvu, lance le véhicule à toute vitesse au sens opposé, traverse l’entrée de l’hôtel Sawa et entre en trombe et donnant des signaux de détresse à l’intérieur de la Garnison militaire de Bonanjo, mieux « au Camp de la valeur », sachant pouvoir y bénéficier de l’aide des militaires en faction à l’entrée. C’est alors que le chef d’Eta-major de ce camp alerté se saisit des infortunés et alerte le commandant de légion. Pendant ce temps, apprend-on, le vigile de la société G4S qui garde un des entrepôts des sociétés installées à la base Elf et qui a vu toute la scène alerte ses confrères d’Africa Security qui ont la charge de la surveillance des différents sites de la Total E&p. C’est alors que le Groupement territorial de gendarmerie de Douala est mis en branle. Africa security réclame la bravoure du chauffeur dont les responsables disent qu’il est un de leur élément, ce que récusent d’autres sources.

Business en trame de fond ? On apprendra alors que ce présumé ravisseur qui est resté dans le véhicule n’est pas un élément des forces armées. Il passerait pour une partenaire d’affaires de Mme Boehm avec laquelle, il aurait quelques démêlés de paiement non réglé. Ce serait pour entrer dans ses droits qu’il aurait choisi cette voie qui, somme toute, est une infraction pénale qualifiée de crime par le tribunal militaire où il devrait répondre de ses actes. C’est avec beaucoup de maestria, nous confie une source de la légion, que le commandant du Ggtgd a mis la main sur son complice, en fait, un militaire de la marine (matelot de 1ère classe) qu’il aurait sollicité pour l’aider à commettre son forfait. Car il ne connaissait ni le nom, ni l’unité de ce dernier. Le prénommé Gérard, matelot de 1ère classe sera interpellé à son domicile dans la même nuit du 15 au 16 juillet 2009. Selon certaines indiscrétions, cet enlèvement a été effectué avec l’aide de l’ancien chauffeur de Mme Boehm de qui elle se serait séparée il y a des mois. Ce dernier qui maîtrise son programme serait celui qui a mis les présumés ravisseurs sur les traces de son ancienne patronne. On soupçonne même que c’est lui qui aurait déposé les présumés ravisseurs au lieu du crime aux premières heures de la matinée. Ce dernier court toujours. Il a déserté sa maison et son épouse qui a été interpellée avant d’être relaxée dit aussi être surprise par son non retour à son domicile depuis cette date. Même si ses proches affirment que le climat dans ce foyer était déjà très tendu et virait allégrement à la rupture.

Source : Le Messager



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