L'article

- édito
20
févr
2013

Retour sur la question de l’homosexualité au Cameroun

Nous avons choisi cette semaine de revenir sur une question presqu’en permanence d’actualité. Il s’agit bien naturellement de l’homosexualité. Notre choix est motivé par deux événements récents. Le premier évènement est la récente table de discussion organisée par votre media sur Paris dans le cadre de son émission intitulée “Autour d’un verre”. Beaucoup de choses ont été dites au cours de ce débat et les éléments audio-visuels sont encore disponibles sur notre site internet.

Le second évènement est la récente visite de monsieur Paul Biya en France et dont l’une des questions soulevées avant, pendant et après cette visite a été l’homosexualité au Cameroun.

Au delà de ces deux évènements, il faut dire que cette question de l’homosexualité revient en permanence dans les échanges sur différents forums intellectuels africains et il nous a semblé nécessaire de revenir sur certains péchés de ces échanges.

Très souvent dans le débat africain sur l’homosexualité, on rencontre deux camps, celui de ceux qui sont contre cette “pratique” (le choix des guillemets ici est délibéré car nous verrons plus loin que l’homosexualité est plus que cela) et celui de ceux qui sont pour ou encore ne se sentent investi d’un quelconque droit d’interdire aux autres d’être ce qu’ils semblent être (certains parlent alors d’homo-tolérance).

Il faut dire quand on lit de plus près ces échanges, on est un peu et même très souvent égaré car on ne sait si les uns et les autres parlent de la même chose. En effet, l’impression qui se dégage très souvent est qu’a l’entame de la discussion, les deux camps ne tentent jamais de se mettre d’accord sur ce que chacun met dans le mot homosexualité. La compréhension des uns et des autres s’arrête très souvent a l’acte sexuel entre personnes de même sexe comme si c’était juste cela l’homosexualité un peu comme s’il suffisait désormais d’avoir un rapport hétérosexuel pour l’être.

Hors les coming-out de bon nombre de stars américaines nous apprennent que l’on peut vivre longtemps sous le couvert de l’hétérosexualité sans l’être effectivement. D’ou nous semble t-il la nécessité de se mettre d’accord sur le contenu de ce terme et la compréhension qu’ont les différentes cultures de ce cette possibilité entre être humains.

Disons simplement que l’homosexualité est le fait d’avoir de l’attirance (physique et sentimentale) pour les gens de même sexe que soi. En des mots plus élémentaires, c’est le fait pour un homme d’être attiré par des hommes et pour une femme d’avoir un faible pour les femmes et ceci au même titre qu’un homme aurait de l’attirance pour une femme et vice versa.

Cette définition de l’homosexualité est celle acquise chez les occidentaux et nous l’appellerons donc pour des besoins de clarté l’homosexualité occidentale.

Il faut bien dire que l’homosexualité même comme simple pratique sexuelle entre personnes de même sexe ne passe pas chez des êtres convaincus que l’hétérosexualité est la seule et unique possibilité et même l’Europe qui se veut protectrice des homosexuels a eu du mal a accepter et surtout a comprendre la chose.

Il n’y a pas longtemps dans des pays comme la France, des parents convaincus de l’homosexualité de leur enfant n’hésitaient pas a solliciter des médecins et surtout des psychiatres pour tenter de guérir ce qu’ils pensaient être une maladie.

Nous avons dit maladie et la est la question que s’est posée l’occident et que se posent d’autres peuples encore aujourd’hui. L’homosexualité est-elle aussi naturelle que l’hétérosexualité ou relève-t-elle de la maladie ou de la sorcellerie et des pratiques à elle associées ?

Même l’Europe pendant bien longtemps y a vu de la sorcellerie ou de la maladie bien que la pratique de l’acte sexuel de ce genre soit vieille dans ces sociétés. Ce n’est pas pour rien que le musicien français Michel Sardoux dans l’une de ses chansons se demande ”est-ce une maladie ordinaire, un garçon qui aime un garçon ?”

Ce n’est que tres récemment que cet occident s’est décidé à mettre sur le même pied l’homosexualité et l’hétérosexualité. Ici qu’il est tout à fait naturel qu’une personne aime une autre de même sexe au même titre que des personnes de sexes différents s’aiment. Il est même admis aujourd’hui que certains naissent homosexuels tout comme d’autres viennent au monde hétérosexuels.

L’interprétation et la compréhension occidentale de cette alternative a l’hétérosexualité semble clore tout débat des qu’elle est admise. En effet, si l’homosexualité et l’hétérosexualité sont deux faits de la nature alors qu’est-ce qui donne le droit aux hétéros de bannir les homos ? Comment peut-on interdire aux gens d’être ce que la nature dans le secret des ses ateliers a bien voulu faire d’eux ? N’est-il plus interdit d’interdire des qu’il s’agit de l’homosexualité ?

Dans ce qui précède, nous n’avons fait que poser des questions qui découlent directement de la compréhension occidentale de l’homosexualité et il est alors naturel de se demander comment est interprété l’homosexualité dans d’autres sociétés et donc africaines. Nous nous arrêterons au cas du Cameroun dont les éléments motivent notre discussion. Il n’est nullement question de s’en tenir à l’opinion de quelques savent de la chose mais à ce qu’en pense le plus commun des camerounais.

L’homosexualité dans le débat social camerounais semble être un thème récent même s’il est traité par la loi bien avant et que l’on peut en déduire que la pratique de l’acte est plus vieille que la loi elle-même. Sa pénétration dans la discussion de tous les jours a été motivée par un certain nombre d’éléments.

Tout d’abord il y a la pénétration sur le continent d’un certain cinéma occidental par le biais notamment de bouquets numériques de plus en plus nombreux. En suite il faut citer un certain nombre de journaux de la place toujours en quête de sensationnel ou utilises dans des règlements de comptes entre certains individus.

En effet, on a vu apparaitre dans la presse camerounaise et ceci au détriment de tout respect de la vie privée des listes dites d’homosexuels de la république.

Un autre élément beaucoup plus crédible est l’histoire de ce jeune étudiant camerounais sodomisé puis défenestré du haut d’un hôtel de renom de la place de Yaoundé.

L’opinion générale que nous avons cueillit chez les camerounais est que l’homosexualité est la pratique de l’acte sexuel entre personnes de même sexe et que cela relève de la sorcellerie ou de la prostitution d’un autre genre.

Effectivement, il se dit aussi bien dans les rues de Douala que celles de Yaoundé que ceux qui ont recours a de telles pratiques le font dans le but d’acquérir plus de pouvoir, d’avoir des postes ministériels, d’être promus dans leur travail ou de gagner plus d’argent. Sans vouloir justifier cette interprétation, notons simplement que ceux qui sont le plus souvent cités dans la presse ou dans la rue quand il s’agit de l’acte homosexuel sont tres souvent des hommes politiques ou des opérateurs économiques ce qui contribue a conforté les camerounais dans l’impression qu’ils se font de cette pratique.

Nous n’avons noté nulle part dans nos lectures ou dans les commentaires de l’homme de la rue une quelconque possibilité d’amour s’agissant de l’homosexualité. Ceci pour dire le gap entre la conception occidentale et celle des camerounais.

Si donc pour la rue camerounaise, l’homosexualité relève exclusivement de la sorcellerie et de la prostitution, on peut donc se demander qu’elle est l’homosexualité que veut imposer l’occident a l’Afrique. Est-ce la sorcellerie et la prostitution qui eux sont interdits dans la plus part de ces pays occidentaux ou est-ce l’homosexualité occidental qui implique des sentiments entre êtres de différents sexes et que l’Afrique semble ne même pas concevoir ?

En effet il nous semble qu’il y a problème ici. Si les deux conceptions sont diamétralement opposées, comment peut-on penser vendre ou imposer celle de l’occident ? N’y-t-il pas un travail à faire en amont ? Ici ne faudrait-il pas que la conception occidentale s’impose d’abord par elle même à la réalité africaine. C’est à dire que les africains réalisent que dans leurs quartiers, dans leurs villages il y a des hommes amoureux d’hommes et des femmes qui aiment les femmes.

Il semble en effet que si les africains vivaient l’homosexualité occidental dans leur quotidien alors le problème se poserait a nous comme il s’est posé autrefois aux occidentaux. Dans cette figure, personne ne pourra plus se cacher derrière la loi ou la religion pour étouffer la question.

Que l’on s’entende ici. Dans les deux derniers paragraphes, il n’est pas question de dire que c’est la statistique qui tranchera la question mais de laisser aux africains le temps de réaliser que l’homosexualité va au delà de l’acte sexuel entre deux hommes ou deux femmes. Il est claire que ce n’est qu’en aboutissant a cette conclusion que les esprits en Afrique seront préparés a toute modification de la loi sur l’homosexualité dont beaucoup aujourd’hui pensent que même dans l’esprit de ceux qui l’ont écrite, il s’agissait juste d’interdire une déviance et qu’ils n’avaient certainement pas pensé a la possibilité des sentiments entre des gens de même sexe.

Benoit Sehba



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Les commentaires (1)

  • Commentaire 3109
    le 15 avril 2013  à 18:40

    homosexualite en afrique quelle honte et salaté garder cela en Europe parce que cela detruite la culture africaine. en afrique les enfants sont une richechesse se marier entre personne de meme sexe attire la malediction

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