L'article

- edito
30
mai
2012

Quoi ? Ainsi donc, au Cameroun tout le monde se plaindrait ?

Il est pourtant, sans cesse théorisé le choix de Monsieur Biya comme seule chance pour nous sortir du tunnel entrant et sans issue de sortie dans lequel lui-même nous a plongés depuis plusieurs décennies ;

Ainsi donc, de l’observation selon laquelle tout va mal au Cameroun, on en conclut que le Cameroun et nous tous sommes maudits. Les adeptes du « Biyaisme », désormais religion officielle au Cameroun y compris… N’est-ce pas assez curieux ?

Une analyse simple des trente dernières années montre sans ambiguïté que le gouffre dans lequel nous sommes confinés reste la seule réalisation du système en place. Et quand on ajoute à cela, les hérésies incessantes, que dis-je ? Les louanges à répétition d’universitaires aguerris à ce « sauveur » d’un genre particulier, comme seule chance possible pour notre nation, on pourrait logiquement convenir d’une malédiction certaine de notre pays. Sauf que, pour s’en convaincre, il faudra que l’on nous donne la possibilité de changer les éléments du jeu politique pour voir si dans une nouvelle configuration, la malédiction demeure. Si oui, alors le problème n’est pas justement l’offre trentenaire du sieur Biya et associés.

Il est vrai qu’un passage du livre le plus lu par nous africains, avait déjà prédit, du fait de notre situation géographique et de la couleur de notre peau, que nous sommes maudits. Que notre sort est scellé, et que tout effort serait vain. Un tel conditionnement psychologique savamment huilé et orchestré pour nous contenir dans l’abdication totale et la résignation systématique face à l’oppression et la calamité, relèvera désormais du passé pour notre génération.

Comment comprendre le niveau de développement technologique, sociale et économique des pays qui, au début des années 1950, étaient au même niveau d’enclavement que nous, et auprès desquels nous allons mendier aujourd’hui , tantôt quelques radis, tantôt quelques technologies les plus élémentaires.

N’en déplaise aux inflexibles du « Biyaisme » tristement en contradiction avec eux même, il n y a plus de doute que quelque chose n’a pas marché ou n’a pas été fait par celui qui les a fabriqués, et fabrique. Et l’intelligence, pour peu qu’on en ait une, recommande de s’arrêter un instant, analyser, remettre en cause, afin de trouver la bonne Thérapie.

Et dire que face à cet échec cuisant, caractérisé par l’absence criarde du moindre progrès ces trente dernières années, auréolé de notre éternel confinement aux nations sous perfusion, des curieux soutiens et inconditionnels du « Biyaisme » s’adjugeant de toutes les d’intelligences, s’emploient à faire croire à notre peuple l’avènement d’un miracle prochain sous ce système en panne d’imagination !!

Comment comprendre qu’à l’échelle sportif, ces mêmes caciques du système admettent le changement de nos entraineurs quand nos équipes nationales ne gagnent pas, mais qu’à l’échelle de la politique nationale, vous disent qu’il faut garder le même « Dieu politique » qui accumule les pires résultats en autant de décennies ?

Il y a là, une incohérence qui dépasse tout entendement et dont seuls les esprits tordus saisiraient la logique.

Bien au-delà de toute affinité ethnique, régionale ou clanique, le constat est cinglant et trivialement évident : il n’y a aujourd’hui aucune lueur d’espoir pour un avenir radieux sous le régime actuel de Monsieur Biya Paul.

Aucune programmation de quelque modélisation du développement de notre pays sous le commandement du système actuel , ne se fera avant plusieurs siècles. En d’autres termes, plusieurs générations de camerounais, avant même de venir au monde, ont déjà leur avenir derrière elles.

Cette vérité incontestable et irritante devrait nous interpeller et imposer la remise totale de la théorie du conservatisme actuelle en cause. Il faut replacer le Cameroun et le « mieux vivre » de nos populations au centre du terrain de toute discussion. Les égoïsmes régionaux, les intérêts partisans doivent céder place à l’intérêt majeur, sauvagement menacé, qu’est le bien- être de notre peuple. Un bien-être auquel nos populations ont désormais droit , après tant de siècles de privation : de la période d’esclavage à celle actuelle du néocolonialisme en passant par celle aussi triste que fut la colonisation.

L’Afrique, et partant le Cameroun en particulier, ne peut accepter éternellement la misère, la malédiction, comme condition normale d’existence, telles que certaines théories ou doctrines ont toujours voulu nous faire croire.

Lesquelles théories ou doctrines ont favorisé l’accession et le maintien aux sommets de nos Etats, des hommes les plus paresseux, et sans ambition que regorgeait notre continent. Elles ont surtout rusé par des subterfuges afin que nous validions inconsciemment dans nos esprits, que la messe est dite depuis des siècles. Qu’il était inutile de s’en prendre aux pègres au pouvoir, qui selon elles,bien au contraire, accompliraient des miracles parce que défiant un destin par Dieu programmé. Pour mieux assoir une telle idéologie de la résignation de nos peuples dans chacune de nos familles nucléaires jusqu’aux grands groupes de familles de nos nations, ils s’allient les églises proliférant dans nos cités et quartiers comme nulle part ailleurs. Desquelles ils ont obtenu la bénédiction et l’onction divine.

L’acceptation du discours de ces « envoyés spéciaux »(Entendez églises diverses) du système actuel, axé sur le fait de la volonté de Dieu comme justification de notre situation chaotique, ne sera plus jamais admise par notre génération. Nous sommes désormais depuis mathusalem, assez conscients de ce qu’aucune manne ne tombera du ciel pour nous sortir de là. Que les choses ne bougent pas d’elle-même, mais parce que des hommes travaillent intelligemment et activement pour les faire bouger.

Ne dit-on pas que si le commerce des mangues ne vous rapporte rien, alors il faut se bouger et essayer celui des arachides ? Nous avons l’obligation, en collaboration avec tous nos compatriotes et sympathisants, où qu’ils se trouvent, de rendre effectif l’alternance au plus haut sommet de notre nation, en nous organisant afin d’évincer définitivement le système actuel.

C’est le seul moyen de savoir si ce n’est pas un problème d’homme, ou de système. Bien que cela semble aller de soi.

Sehba Benoît rédacteur sur www.aeud.info



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Les commentaires (1)

  • Commentaire 331 Georges Alain Mbouya
    le 14 juillet 2012  à 21:24

    Très beau papier Bao, on dirait un appel à la prise de conscience collective et à la mobilisation de notre génération, celle qui a porté les revendications de 90, celle qui a souffert des reformes universitaires de 93 , et enfin peut être celle qui se sent investir d’une mission, doter le Cameroun d’un projet politique porteur d’espoir et du rêve.Nous avons l’obligation de produire des idées , car la conquête du pouvoir passe d’abord par les idées, le devoir de fédérer toutes les forces des compatriotes qui croient en l’alternance politique au sommet. nous avons le devoir de porter ce flambeau qui éclairera le chemin de nos fils et petits fils

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