L'article

27
juil
2012

Pr. Emmanuel Kengne : ce que certains appellent équilibre régional n’est qu’une forme officielle et avancée du tribalisme

Pr. Emmanuel Kengne, enseignant émérite de mathématiques qui a œuvré 15 années à la formation de l’élite camerounaise , les deux dernieres décennies, pose un regard critique sur son expérience personnelle au sein des universités camerounaises. L’intégralité de notre entretien dans les lignes ci-dessous.

AEUD : Bonjour Pr. Emmanuel Kengne, pour ceux qui ne vous connaissent pas, vous avez été boursier du gouvernement Camerounais et êtes aujourd’hui enseignant de mathématiques au Canada. Vous collaborez aussi avec d’autres pays à travers des missions comme celle que vous effectuez en ce moment à l’académie des sciences de Chine(CAS). Mais auparavant, vous avez été tour à tour enseignant de mathématiques à l’université de Douala et de Dschang etc... Avons-nous oublié quelques informations capitales dans ce descriptif ?

Pr. Emmanuel Kengne : Je tiens d’abord à remercier l’équipe d’AEUD pour l’intérêt qu’elle a porté sur ma modeste personne pour cet échange. C’est assez exceptionnel. La description que vous faites de ma personne est assez vraie. Je voudrais néanmoins apporter une petite clarification sur un point.

Dire que j’ai été boursier du gouvernement camerounais en tant que tel, n’est pas tout à fait exact ; on va dire que j’ai été boursier du gouvernement soviétique. Mieux, j’ai été bousier du gouvernement soviétique par le canal du gouvernement camerounais. En fait, pour être plus explicite, le gouvernement camerounais n’a honoré qu’1/10e de l’engagement qui était le sien quant à la subvention de ses étudiants boursiers, d’autant plus que deux ans (si je ne me trompe pas) après l’octroi de ladite bourse du gouvernement soviétique, nous n’avions plus de revenus de l’Etat camerounais. De plus, après la suppression de la bourse aux étudiants de l’Université de Yaoundé (la seule université Camerounaise de l’époque), l’ambassade du Cameroun à Moscou avait décidé de confisquer nos subventions de bourses et à partir de ce moment, l’on vivait selon le vieil adage : « chacun pour soi et Dieu pour tous ».

A la fin de ma thèse en 1994, je suis rentré au Cameroun dans le but d’apporter ma modeste contribution à l’édification de notre pays, et ce, par le biais de la formation de la jeunesse. C’est ainsi que j’ai servi mon pays, le Cameroun pendant environ quinze ans au rythme des « allers-retours » entre l’Université de Douala et celle de Dschang, mon Université de titularisation.

Ayant reçu ma formation au Cameroun et en occident, j’ai aussi pensé participer à la formation de la jeunesse d’ailleurs. J’ai donc décidé d’émigrer vers l’Amérique du Nord, à un moment où je ne le souhaitais pas trop, précisément au Canada où je suis enseignant au département de l’Informatique et de l’Ingénierie de l’Université du Québec en Outaouais, conjointement avec le titre de chercheur associé au département de mathématiques et de statistique de l’Université d’Ottawa. Tout récemment, j’ai aussi signé un contrat d’une durée d’un an comme "scientiste senior" auprès de l’Académie des Sciences de la Chine (CAS) à Pékin.

AEUD : après quelques années d’enseignement dans les universités camerounaises, vous partez de nouveau vous installer au Canada. Quelles sont les raisons de ce deuxième départ ?

Pr. Emmanuel Kengne : Mon deuxième départ s’explique par la soif d’un milieu scientifique sain, un milieu dans lequel la valeur scientifique d’un individu ne dépend pas de ses relations avec untel ayant une infinitésimale portion de pouvoir. Un milieu scientifique sain est aussi un milieu dans lequel l’enseignant ou le chercheur doit être conscient de ce que la jeunesse qu’il forme est appelée à devenir meilleure que lui.

Or les universités dans lesquelles j’ai enseigné au Cameroun ne favorisent à ce jour, toujours pas une telle projection de soit. En plus, elles avaient pour plus haut niveau : la maîtrise (BAC+4). Je ne pouvais donc pas enseigner au-delà. N’allez pas croire que ce fut un sacrifice de rester pendant environ 15 ans à enseigner à ces niveaux, sans des étudiants de doctorat. J’y ai pris aussi plaisir.

AEUD : du Canada à l’académie de science de Chine. Que faites-vous concrètement là-bas ?

E K : Comme j’ai mentionné un peu plus tôt, je travaille dans un centre de recherche de la CAS, et plus précisément à l’Institut de Physique de la CAS. Ici, nous passons le temps à nous arracher les cheveux ! C’est-à-dire, à réfléchir sur le pourquoi et le comment de certaines choses. Nous participons activement à des recherches multidisciplinaires à l’Institut de Physique de l’Académie des Sciences de la Chine [en Chine, les centres de la CAS sont des instituts]. Voilà notre quotidien. l’institut de Physique de CAS, comme tous les autres centres de recherche de la CAS contribue à la formation du personnel hautement qualifié qui demain, prendra la relève. Il s’agit ici des doctorants.

AEUD : Un tour sur votre site internet laisse entrevoir une certaine diversité dans vos productions mathématiques. Pourquoi ne restez-vous pas sur un sujet ?

E K : En Afrique, pour diverses raisons dont peut-être l’environnement et les conditions de travail, certains collègues restent souvent sur le même thème de recherche. Thème qui très souvent d’ailleurs reste lié à leur travail de thèse. J’ai voulu m’éloigner de cette monotonie en diversifiant mes questions, les thèmes, les domaines et les approches dans mes travaux de recherche, comme l’exige aujourd’hui la science moderne. N’oubliez pas que le monde n’est ni linéaire, ni stable. Un chercheur doit toujours être au fait de ce qui est nouveau ! La complexité des questions qui se posent aujourd’hui à l’homme fait que diverses spécialisations en mathématiques sont souvent appelées à collaborer ensembles pour apporter des réponses adéquates. C’est exactement le cas dans le projet du CAS sur lequel je travaille avec des mathématiciens de spécialités diverses, et même des physiciens. Pour être à l’aise dans un tel environnement, il faut toucher à plus qu’une méthode, une approche, avoir des idées sur des choses pour lesquelles la thèse ne vous a pas forcément préparé. C’est aussi parfois une question de survie en mathématiques, ne pas finir isolé parce que piégé dans la même routine pendant tout une vie. C’est dommage.

AEUD : Après ces années passées dans l’enseignement universitaire au Cameroun, peut-on savoir quelle a été votre plus haute fonction ? Y a-t-il une grille d’évaluation de l’universitaire camerounais ?

E K : au Cameroun, l’enseignant n’est pas évalué ! Si c’était le cas, ce serait donc par qui ? Les choses se font (du moins en mathématique) par décret. Il suffit d’avoir une portion du pouvoir pour décréter. Je veux dire qu’il n’y a pas de métriques objectives d’évaluation des enseignants et des chercheurs. Tout semble se faire a la tête de la personne ou client, en fonction de ses affinités (ethniques, amicales…) avec ceux qui décident. Comment comprendre que parfois, on soit évalué par des collègues qui ne comprennent rien a ce que vous faites, mais qui décident du jour au lendemain sans éléments scientifiques convaincants, qu’ils sont spécialistes de tel ou tel domaine de recherche ? Il n’y a que dans les républiques bananières ou cela est possible. Afin de mieux échapper aux règles d’exigence qui sous-tendent leur métier, les scientifiques Camerounais ont refusé de faire partie du CAMÉS [Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur] qui veille à la promotion des enseignants de l’Enseignement Supérieur d’un nombre important des pays africains. Les enseignants en Sciences Sociales font partie de cet institut, et c’est pour cela que vous entendez parler régulièrement des agrégations ou des professeurs agrégés dans ce domaine.

AEUD : concrètement, qu’elle a été votre indice de classement après 15 ans de loyaux services ?

E K : Si je ne me trompe pas, je devais être classé entre l’indice 1000 et 1200. Il me faut un bulletin de paie pour savoir exactement mon indice de classement quand je partais du Cameroun.

AEUD : avec un regard extérieur et du recul, que vous inspire le statut de l’enseignant d’université au Cameroun ?

E K : La condition de l’ universitaire camerounais, à tous les niveaux, du primaire au supérieur, reste précaire et les textes sur son statut ne lui garantissent pas toujours un minimum de confort nécessaire à la réalisation de sa mission. Le système reste prisonnier de certaines personnes qui le pourrissent pour des raisons inavouées. Malgré l’existence d’un statut de l’enseignant au Cameroun, son évolution n’obéit hélas pas aux prescriptions de celui-ci, qui n’est d’ailleurs pas respecté. Du fait de certaines personnes, la promotion des enseignants est en souffrance avec pour conséquence immédiate, la formation des étudiants qui en pâtit. Je ne donne pas de scoop en affirmant que l’enseignant camerounais se bat comme il peut avec les moyens dérisoires dont il dispose. Tenez donc, vous êtes enseignant au Cameroun et vous voulez télécharger un fichier en 2 minutes. Ce n’est possible ni dans votre bureau ni chez vous. L’enseignant doit se trouver du temps et un peu de moyen pour aller faire la queue dans un « cyber café » en attendant une hypothétique connexion quant la coupure d’électricité donne du répit. J’ai moi-même connu ces moments difficiles d’enseignant chercheur au Cameroun. On compte au bout des doigts les enseignants qui ont un PC ! Comment voulez vous qu’il évolue comme son collègue des pays industrialisés ?

AEUD : Quand Le Pr Owono Nguini dit que l’université camerounaise est encore en phase de projet. Qu’il n’y a plus eu depuis plus de 50 ans, de conseil général d’université… vous lui donnez raison ?

E K  : L’université camerounaise est à l’image de tout ce qui se fait chez nous. C’est-à-dire, une approximation pitoyable et incompréhensible. C’ est un projet pas du tout pensé au préalable et dépourvu de toute ambition à la dimension de notre pays et de ses hommes. Le but du conseil de l’enseignement supérieur et de la recherche est entre autre, d’analyser, de faire une remise en question du système en vue d’apporter les réponses qui tiennent compte de l’environnement, d’un besoin non satisfait des entreprises de notre pays, des changements dans notre société et dans le monde, en vue de rendre l’université et ses laboratoires plus compétitifs sur le plan de la qualité de la formation et de la production scientifique. Le vide actuel fait que l’enseignement supérieur navigue depuis plusieurs dizaines d’années à vue. Un tâtonnement permanent qui malheureusement n’aident ni notre jeunesse, ni notre pays. Il n’est pas surprenant de voir que dans le classement des cent premières universités africaines, aucune des nôtres n’y apparaisse. Le ministre de l’enseignement supérieur, au lieu de s’en plaindre d’ailleurs et pointer de façon éhontée du doigt les enseignants, devrait plutôt s’en prendre à lui-même et à celui qui les fabrique(pour ainsi le reprendre) pour leur incapacité à proposer des orientations solides et innovatrices pour notre pays.

AEUD : Selon nos sources, vous débutez à l’université de Douala, mais vous faites le choix de devenir permanent à l’université de Dschang. Est-ce parce que vous vous sentez d’abord Bamiléké avant d’être Camerounais ?

E K  :( Rire), se sentir bamiléké ne veut pas toujours dire aller travailler en pays Bamiléké ! Je ne répondrais pas à votre question en ces termes là. La vérité est que, j’avais fait la demande pour être permanent à Douala, mais je n’avais hélas pas été retenu, peut-être parce que je ne suis pas originaire de Douala, ou de la région. Et peut-être même parce que je suis Bamiléké.

Qu’il me soit néanmoins permis de préciser que, selon certaines indiscrétions m’étant parvenues, le Pr Ngando Mpondo, alors Recteur de l’Université de Douala et Doyen de la Faculté des sciences, aurait plaidé pour ma cause en vain, pendant le conseil de l’Université ayant abouti à la non sélection de mon dossier à Douala.

AEUD : Vous confirmez là les thèses selon lesquelles les universités camerounaises sont gangrenées par le tribalisme ? Mr Gatsing disait au sujet de Mme Claire Ndoko que celle-ci lui aurait dit de rentrer enseigner à Dschang. Avez-vous connu cela ?

E K : Ah d’accord, si c’est cela que vous entendez par tribalisme, alors je dis oui. À mon retour au Cameroun en 1994, je suis passé à l’Université de Buea pour déposer mon dossier de recrutement. Pr Francis Fai, chef du département des mathématiques à cette période là, m’avait conseillé de déposer mon dossier plutôt à Dschang, qu’à Buea, afin d’optimiser mes chances pour le recrutement. Quand j’avais rencontré Pr. Cagnac, Chef du Département de mathématiques à l’Université de Yaoundé 1, il avait pourtant apprécié mon dossier, mais m’avait fait savoir qu’avec le tribalisme qui battait son plein au Cameroun, je ne pouvais pas être recruté à Yaoundé. Ici au département de mathématiques de l’Université de Yaoundé 1, m’a-t-il dit, « l’administration ne tient pas compte de nos recommandations pour le recrutement et nous ne pouvons non plus rejeter les enseignants qu’on nous parachute ».

Sous cet angle, je parlerai comme vous du tribalisme qui est un fait au Cameroun. Ce que certains appellent équilibre régional n’est qu’une forme officielle, avancée et voilée du tribalisme. Il est indéniable que certaines Universités ont bien cultivé le tribalisme, tant au niveau du recrutement des enseignants qu’à celui des étudiants.

Je vais vous faire une révélation qui va sans doute vous surprendre. La capacité d’accueil des étudiants en Master de mathématiques à la faculté des sciences de l’Université de Douala est trois à quatre fois supérieure à celle de l’effectif réel actuel. Et pour cause : une triste idée d’équilibre régionale qui a limité le département à un effectif minimaliste pour ledit master. Voici l’illustration de cette sommité de la bêtise. En effet, la règle exigeait qu’on prenne trois étudiants par région( sur les 10 que compte le Cameroun) pour en faire 30. Or, le département a seulement reçu les candidatures de trois régions sur les 10. Conséquence, Les masters se feront hélas avec 9 étudiants plutôt que 30 car les candidats issu(e)s des autres régions ne s’étant pas signalés ou alors, n’ayant montré aucun intéressement au dit master. Et ce sont des camerounais désireux qui ont été mis à la touche injustement dans un pays qui a pourtant grandement besoin de cadres qualifiés. C’est la réalité de notre pays et rien à faire (peut-être pour le moment).

AEUD : Dans un courrier adressé au Doyen de la Faculté des Sciences sociales et de gestion de l’Université catholique de l’Afrique centrale (Ucac), le grand chancelier de l’Ucac, Mgr Tonye Bakot, signifiait qu’il ne voulait plus que l’Ouest soit majoritaire en enseignants et en étudiants. Quel commentaire vous inspire cette suggestion d’un homme d’église ?

E K  : Il y a un vieil adage qui dit que si vous jetez un morceau de bois dans l’eau, il ne deviendra jamais un crocodile. Mgr Tonye Bakot est d’abord camerounais avant d’être un homme d’église. Il n’y a donc pas de surprise qu’il présente ces symptômes de la pathologie sévissant chez nous et nommée tribalisme.

S’il veut concurrencer l’Ouest en enseignants et en étudiants, il peut toujours le faire. Par exemple, en envoyant certains de ses propres enfants (qui ne sont bien sûr pas originaires de l’Ouest) étudier à l’Ucac, et parallèlement, faire intégrer d’autres dans le corps professoral de cette université. (Rire).

Bon soyons quand même sérieux, un tel objectif d’équilibre régional est insensé dans nos grandes écoles au vu du constat que peut aisément faire chacun de nous sur la forte population à caractère bamiléké, à tous les niveaux de nos structures de formations universitaires.

Le problème n’est pas tant que les bamilékés soient plus nombreux au Cameroun. Les bamilékés n’ont tout de même pas empêché aux décideurs de notre pays de faire ce qu’il faut pour encourager la scolarisation des camerounais d’autres régions. Stopper celle des Bamilékés de cette façon pour obtenir une prétendue homogénéité des tribus à l’université ou dans la société active est inconcevable. C’est tristement réduire le nombre de citoyens camerounais bien formés et nécessaires pour sortir le pays de sa décrépitude irréversible actuelle.

AEUD : Quel regard portez vous sur l’enseignement des mathématiques aujourd’hui ?

E K : C’est hélas encore un regard triste et désolant que je porte sur l’enseignement des mathématiques chez nous. Pendant que la jeunesse se bat dans l’adversité pour faire de son mieux, leurs ainés enseignant perpétuent les forfaits de tout genre à leur égards. Que de frustrations !

Le Cameroun ne disposant pas de fonds de recherche, chaque jeune enseignant se démène pour faire des missions de recherche hors du pays, mais avec beaucoup de peine, vu que l’administration même de l’Université ne leur facilite pas la tâche. Je ne me veux cependant pas pessimiste parce que je crois fortement à ces jeunes incroyablement toujours motivés , pour rattraper le retard le moment venu !

AEUD : Qu’est-ce qui explique cette attente interminable des doctorants (tout domaine confondu), pour soutenir leur thèse ?

E K : c ’est une situation assez déplorable et regrettable. C’est à croire que notre pays n’a pas besoin d’assez de personnels hautement qualifiés. Apparemment, le Cameroun aurait trop de Docteurs (Rires). Évidemment que ce n’est pas le cas, si l’on veut regarder le nombre d’étudiants par docteur. N’oubliez pas aussi que nous sommes des Camerounais. Il faut souvent « négocier » ou bien « mouiller la barbe » des gens afin que la soutenance soit programmée. Mais, comment s’y prendra le doctorant indigent ? Les modestes vacations qu’il réussit à faire au niveau de son institution n’étant souvent même pas rémunérées. Sur ce point là, les collègues au Cameroun ont des efforts à faire ne serait-ce que pour leur propre image. Car aujourd’hui, le monde est un grand village et leurs collaborateurs extérieurs suivent cela et sont très souvent surpris et indignés par une si triste réalité.

Question de l’un de vos anciens étudiants, vivant hors du Cameroun, parvenue à notre rédaction :

Votre ancien Etudiant : 

L’homme que nous avons connu à Eyengue était (du moins donnait l’impression d’être) très attaché à son pays. Par votre façon de faire vous représentiez pour beaucoup d’entre nous un modèle. Vos étudiants qui vous admiraient et qui vous admirent encore font aujourd’hui partie de la diaspora. Que direz-vous à ceux d’entre eux qui envisagent s’installer définitivement au Cameroun ?

E K : Merci pour ces compliments. Mois aussi, j’admire beaucoup mes anciens étudiants. En réalité, j’ai basé mon réseau social sur mes anciens étudiants et je peux compter sur eux. Pour revenir à la première partie de votre question, je vous dirais ceci : « l’homme propose et Dieu dispose » ! Il faut être très fort d’esprit pour vivre et travailler au Cameroun. Quand j’enseignais au Campus d’ Eyengue Nkongo, je venais juste de soutenir ma thèse et je pensais qu’au Cameroun la compétence était l’élément principal dans l’évaluation d’un universitaire. Plus le temps passait, plus je découvrais que la réalité était toute autre .

A ceux de mes anciens étudiants qui veulent rentrer au Cameroun bosser, Je leur dirai tout simplement que la chaussée est glissante mais il est toujours souhaitable d’ y faire un tour afin de mieux connaitre son pays.

AEUD : Merci Pr. E. Kengne d’avoir accepté de nous accorder cet entretien.

E. K : c est moi qui vous remercie.

© AEUD.



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Les commentaires (4)

  • Commentaire 378 Rémi Vaillancourt
    le 27 juillet 2012  à 17:26

    Emmanuel,
    Entrevue très éclairante.
    Merci de me l’avoir envoyée.
    Bon succès en Chine.
    Rémi

  • Commentaire 395 Supliyant
    le 2 août 2012  à 03:12

    Toujours le meme franc-parler. Prof,on dirai que nos Univ se meurent

  • Commentaire 396 Supliyant
    le 2 août 2012  à 03:14

    "LA BOUCHE DES MALHEURS QUI N’ONT POINT DE BOUCHE"

  • Commentaire 398 Vianney KT
    le 3 août 2012  à 18:45

    Bien de Bonnes choses dites Prof, ca nous met en garde nous qui vous remplaçons aujoud’hui la ou vous avez commencés. Mais il a manqué une dernière question : pensez-vous revenir un jours résider au Cameroun ?
    Peut être mieux outiller pour faire changer les choses ? ...

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