L'article

4
déce
2014

Orion, le vaisseau qui emmènera des humains sur Mars

Le test en vol mené ce jeudi par la Nasa est une première étape vers les voyages habités permettant d’atteindre un astéroïde... en attendant la première mission humaine vers la planète rouge.

Il ne paie pas de mine esthétiquement parlant quand on le compare à la navette spatiale. Au contraire, on dirait plutôt un retour au programme Apollo des années 60-70. Mais le vaisseau spatial Orion, dont le premier test en vol a lieu aujourd’hui, pourra emmener des hommes et des femmes plus loin qu’aucun astronaute ne soit jamais allé. C’est en effet avec Orion que la Nasa prévoit de mener à bien sa mission astéroïde (2025), et ensuite programmer un vol habité vers Mars, après 2030.

Orion est cependant un peu plus gros qu’Apollo. Alors que la capsule de 3.90m de diamètre qui a emmené des hommes sur la Lune ne pouvait emporter qu’un équipage de trois personnes, Orion, avec son module équipage de 5,03m, pourrait transporter jusqu’à six personnes pour un court voyage vers la station spatiale internationale... et quatre passagers pour Mars, histoire d’avoir un peu plus de place pour ce long voyage.

La technologie est également différente : Orion bénéficie de toute l’expérience des années navette. Par exemple, les tuiles de protection qui seront faites du même matériau que celles des navettes, ou encore les sièges, qui seront plus légers mais tout aussi sûrs.

Toujours au chapitre de la protection, le vol d’aujourd’hui va passer à travers les ceintures de Van Allen, qui protègent la Terre contre les radiations venues de l’espace. Ce sera là aussi un bon test des équipements antiradiation du module, dont il aura bien besoin lorsqu’il faudra emmener des astronautes dans un voyage de plusieurs années vers la planète rouge.

Le module de service, au-dessous de l’habitat, ne fait "que" 12,27 tonnes, soit environ la moitié de celui d’Apollo. Pour la conquête de Mars, il faudra voyager léger.

Pour ce vol test, Orion sera lancé par une fusée Delta 4, mais il a été conçu pour s’adapter au futur lanceur de la Nasa, le fameux SLS dont le premier vol est prévu en 2017. Le SLS, décrit comme "la fusée la plus puissante de l’histoire", est conçu pour lancer des missions spatiales au-delà du système Terre-Lune : astéroïdes et Mars, pour commencer, mais aussi pour envoyer des sondes robot vers Saturne et Jupiter...

En attendant Mars...

Après ce premier essai, il y en aura beaucoup d’autres. L’étape cruciale sera bien sûr le premier test effectué avec le SLS, dans les années à venir. Il y aura également un premier vol habité sur Orion, en 2021. Mais il y aura aussi besoin d’effectuer des missions dans la banlieue terrestre : les essais des futures combinaisons spatiales, par exemple, pourront être réalisés à partir de la station spatiale, ou dans des missions spécifiques restant dans l’orbite terrestre.

Pendant ce temps, les satellites et engins de surface présents sur Mars vont continuer à collecter des données qui permettront à la Nasa de préparer la mission martienne, en connaissant mieux l’environnement qui les attend.

La mission astéroïde, que la Nasa essaie de promouvoir malgré une certaine opposition (certains souhaitent que l’on aille directement sur Mars), serait une étape intermédiaire. Aller à la rencontre d’un astéroïde, le capturer et l’emmener en orbite autour de la Lune permettrait en effet, selon l’agence spatiale américaine, de mettre au point les méthodes de vol spatial ainsi que les équipements, qui serviraient ensuite à la première mission martienne d’ici à 2030. Par exemple, un système de propulsion solaire électrique, qui serait destiné à envoyer des charges lourdes sur Mars avant le vol habité, de manière à ce que les astronautes trouvent sur place des fournitures nécessaires à leur mission qu’ils n’auraient pas pu emporter faute de place.

Orion n’est donc qu’une première étape, mais elle est capitale. Ce vaisseau et son lanceur sont la clé des futures missions spatiales de la Nasa, qui dépend aujourd’hui des "taxis" privés de Boeing et SpaceX et des vaisseaux russes pour transporter ses équipages et ses expériences scientifiques...

Source : Le Nouvel Obs



repondre Réagir à cet article    

Les commentaires (0)

> L'ARTICLE EN IMAGE
> L'AUTEUR
> Audience
  • 58 visites
> Faire suivre l'info

ARTICLES SIMILAIRES


 
Administration