L'article

27
mai
2014

La France n’attire plus !!!

Comparée à l’Allemagne et la Suisse, la France attire moins de cadres étrangers. Sur un classement de 20 pays, publié par le réseau professionnel LinkedIn, la France n’arrive qu’en 18e position.

La France attire-t-elle les cadres venus de l’étranger ? Pas vraiment, si on en croit les résultats d’une étude menée pour la première fois par le réseau professionnel LinkedIn. Selon un classement des 20 pays les plus attractifs professionnellement publié lundi, l’Hexagone arrive seulement en 18e position, loin derrière la Suisse (2e) et l’Allemagne (8e). Si la France a majoritairement attiré des talents en provenance des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Espagne ou du Canada, cette attractivité n’a pas compensé les départs français qui ont augmenté entre 2012 et 2013.

Dans une large proportion, les Français ayant des compétences en ingénierie et en langues étrangères se sont installés au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Suisse. La France serait-elle alors devenue une terre d’émigration ? Ses talents seraient-ils en train de la fuir pour partir vers des cieux plus cléments ? « L’idée d’un mouvement massif de fuite des talents, spécifique à la France, ne semble pas correspondre à la réalité », répondait la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP) dans une enquête très complète publiée en mars dernier.

La France 3e pays à attirer les étudiants étrangers

La crise économique a toutefois modifié le profil des expatriés, reconnaît la CCIP. Les candidats au départ sont devenus plus indépendants avec un moindre recours aux contrats d’expatriation et un accroissement de l’entrepreneuriat. « Notre élite part à l’étranger, ce qui est une bonne chose en termes de compétitivité. Mais cet atout peut être une faiblesse si les Français se détachent de leur pays et ne reviennent pas », avait déclaré son vice-président, Jean-Yves Durance, interrogé par Le Figaro .

Conditions de travail optimales, reconnaissance sociale plus importante, salaires nettement plus élevés. Les raisons de s’expatrier sont nombreuses et séduisent aussi les plus jeunes. En 2013, 27% des 18-25 ans déclaraient vouloir s’installer à l’étranger. La France reste néanmoins très attractive pour les étudiants étrangers. Paris a été élue meilleure ville étudiante du Monde en 2013 pour la deuxième année consécutive par le cabinet d’études britannique spécialisé, QS, rappelait la CCIP dans son rapport. Autre chiffre important : dans le monde, la France se classe en troisième position en termes de nombre d’étudiants étrangers accueillis.

Les Emirats arabes unis en tête des pays les plus attractifs

En dernière position de ce classement, l’Espagne affiche un taux de départ de talents élevé (-0,3%). En cause ? Les difficultés économiques que le pays a traversé ces dernières années. Le Royaume-Uni, au même niveau que la France (-0,2%), ne fait guère mieux. A l’inverse, la Suisse et l’Allemagne sont les pays européens les plus attractifs. Outre-Rhin, « la majorité des expatriés sont des ingénieurs et chercheurs indépendants, pour les industries automobile ou ou de logiciels », souligne l’étude. Tout en haut de ce classement international, les Émirats arabes unis attirent une forte proportion d’architectes et d’ingénieurs, majoritairement venus du Moyen-Orient. Viennent ensuite l’Arabie Saoudite (3e), le Nigeria (4e), Singapour (5e), l’Afrique du Sud (6e) et l’Inde (7e).

Selon le baromètre annuel EY, il est plus difficile de faire venir les centres de décisions dans l’hexagone.

Si l’état des lieux de l’attractivité européenne avait été fait au lendemain de la percée des partis populistes aux élections, la situation aurait-elle été la même ? Les unes des journaux anglo-saxons interloqués par l’arrivée du FN comme « premier parti de France » auraient-elles encore dégradé l’image de l’Hexagone auprès des investisseurs ? Le baromètre annuel EY publié ce mardi ne donne pas la réponse, mais le constat dressé fait déjà réfléchir.

L’an dernier, la France a semblé inverser une tendance à la baisse des investissements étrangers observée depuis 2010, attirant 514 implantations nouvelles ou extensions d’entreprises (un chiffre en hausse de 9% par rapport à l’année précédente). Le pays a bénéficié de l’attractivité retrouvée de l’Europe (42 pays européens ont attiré 3955 implantations) qui « fait figure de valeur refuge face aux fragilités des économies émergentes », note l’étude du cabinet. Cela lui permet de se maintenir sur la 3e marche du podium européen des pays les plus attractifs. Mais ce n’est toutefois pas suffisant pour retrouver son niveau d’avant crise. Pas plus que d’enrayer la forte érosion des emplois portés par les investisseurs étrangers : entre 2009 et 2013, ils ont permis la création de 13.122 emplois par an contre une moyenne de 18.136 sur la période précédente, entre 2004 et 2008.

Et surtout, la France continue de se faire nettement distancer par ses deux grands rivaux : le Royaume-Uni enregistre une augmentation significative de 697 à 799 projets (+15%) et l’Allemagne poursuit sa croissance avec 701 projets (+12%). Entre les périodes 2004-2008 et 2009-2013, notre voisin outre-Rhin a vu son flux d’implantations internationales doubler (de 265 projets en moyenne par an à 580).

Fermetures de sites

Étonnamment, les implantations d’activités industrielles en France sont en augmentation en 2013, avec 166 projets (contre 127 en 2012). L’Hexagone conserve la 1re place européenne en la matière. Mais elle « reste à la traîne de ses principaux concurrents pour la création d’emplois associée à ces implantations, figurant au 8e rang d’un classement faisant la part belle à l’Europe centrale et orientale, ainsi qu’à la Russie (1re position) et à la Turquie (4e) ». Parallèlement, ce flux de projets industriels s’accompagne d’un nombre croissant de délocalisations et suppressions d’activités, souligne EY - rappelant que l’Observatoire de l’investissement Trendeo a comptabilisé 50 fermetures en 2013 de sites industriels d’entreprises à capitaux étrangers.

Le Baromètre souligne par ailleurs que les projets de R & D sont en légère progression « à un faible niveau ». Et que « la France continue à décevoir » sur sa capacité à tenir les activités de siège ou de commandement. Alors que 18 implantations ont été recensées pour l’année 2013 en France, le Royaume-Uni en a attiré 29, les Pays-Bas 25, l’Irlande 24 et l’Allemagne 19. « Cette désaffection renvoie, certes, à l’attractivité fiscale de nos concurrents mais également à la perte de rôle de la France comme destination incontournable des fonctions stratégiques », note EY. En 2008, l’Hexagone était le 2e pays à attirer les sièges sociaux ; aujourd’hui, elle est au 5e rang…

Bref, « après cinq années de turbulences, on pourrait se dire que la France, malgré une incapacité à sortir de son immobilisme, a sauvé la mise. Mais peut-elle se contenter d’un rang qui ne la positionne ni dans le camp des gagnants, ni dans celui des perdants ? », s’interroge l’étude EY. Et de dresser une conclusion sans équivoque d’une décennie de performances françaises : « La résistance de “l’économie airbag” de la France est réelle, mais l’érosion de son attractivité aussi. »

http://www.lefigaro.fr/emploi/2014/...

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/...



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