L'article

26
juin
2008

L’Allemagne tient aussi son miracle

Ballottée une bonne partie de la rencontre par des Turcs totalement décomplexés, et qui ont une nouvelle fois égalisé sur le tard, l’Allemagne a su faire preuve d’un réalisme glacial pour forcer la décision à la toute dernière minute du temps réglementaire, par Lahm (3-2). Une issue cruelle pour la Turquie, qui regrettera certainement très longtemps de n’avoir pas su faire la différence avant le repos

Le sport est parfois cruel. Tel un boxeur menant aux points, la Turquie a fini par s’incliner par K.-O. face à l’Allemagne, sur un but de Philipp Lahm à la toute dernière minute (2-3), alors qu’elle s’était offert le droit de rêver quelques minutes auparavant en égalisant par Semih (79e). Un final terrible pour une équipe qui en avait fait sa gloire jusque-là. Mais l’Allemagne a montré qu’elle avait elle aussi des ressources morales, en plus d’une expérience qui a fini par faire la différence. La Nationalmannschaft a cadré en tout et pour tout trois frappes, pour autant de buts. Telle une grande nation du football qu’elle est toujours, elle a su assurer la victoire, et la qualification qui va avec, sans avoir toujours été à la hauteur dans le jeu. Un constat qui ne réjouira certainement pas ces incroyables Turcs au moment de plier bagage. Eux regretteront certainement, à juste raison, de ne pas avoir su faire la différence avant le repos, quand ils ont dominé de la tête et des épaules une sélection allemande alors perdue.

Même diminuée par les absences, même face à cet ogre que peut représenter l’Allemagne, cette phénoménale équipe turque n’a en fait jamais semblé douter. Elle n’en a peut-être tout simplement pas eu le temps. Très peu gênés en première période par un adversaire méconnaissable, Altintop et consorts n’ont pas attendu bien longtemps pour prendre l’initiative du jeu. Et ça a payé. Un premier missile de Kazim-Kazim (13e) a d’abord fait trembler la barre d’un Jens Lehmann loin d’être rassurant dans l’ensemble. Ce même Kazim a récidivé quelques minutes plus tard, beaucoup plus finement, mais pour le même résultat : la barre. Sauf que cette fois, le très culotté Ugur Boral, à l’affût, a pu reprendre et ouvrir la marque (21e). Un avantage largement mérité, mais de très courte durée. Perdue sur le terrain, larguée défensivement par la fougue et la technique adverse, la Nationalmannschaft n’a eu besoin que d’un contre d’école pour revenir à la marque. Débordement ultra-rapide de Podolski, centre millimétré, et reprise de l’extérieur du droit de Schweinsteiger (25e). Imparable. Touchée, la Turquie n’a pourtant pas baissé la tête et a continué de mettre le feu à la défense adverse, noyée dans les grandes profondeurs. Sans succès.

Lahm a été tranchant A force d’accumuler les maladresses dans le dernier geste, Fatih Terim et ses hommes se sont mis tous seuls dans de sales draps. Remontés par le discours certainement très musclé de Löw à la pause, et rassurés par l’entrée en jeu du précieux Frings dès le retour des vestiaires, les Allemands ont montré un autre visage. Pas celui qu’ils avaient laissé entrevoir face au Portugal, loin s’en faut, mais de quoi faire au moins jeu égal. Le jeu est devenu d’un coup beaucoup moins spectaculaire, moins fougueux. Peut-être moins frais physiquement, les Turcs ont dû se contenter de tenir tête à leur prestigieux adversaire. Et ils l’ont plutôt bien fait. Jusqu’à ce centre de Lahm pour la tête de Klose (79e). Deuxième banderille, et deuxième but pour l’Allemagne. Refusant de tomber de la sorte, Terim a alors lancé trois nouveaux joueurs pour tenter de renverser la vapeur et peut-être ajouter une nouvelle page à son incroyable épopée. Il a cru y parvenir grâce à Semih (86e), profitant de la passivité de Lehmann autant que d’un bon service de Sabri, par ailleurs excellent, pour arracher l’égalisation de près. Mais la Nationalmannschaft a mis fin à ses rêves quatre minutes plus tard par l’inévitable Lahm, fusillant Rustu à bout portant (90e). La chance, ou le réalisme, a cette fois changé de camp. L’Allemagne visera un quatrième titre continental, dimanche contre l’Espagne ou l’Italie. La Turquie va devoir rentrer à la maison. Mais, comme l’avait fièrement annoncé Terim avant le match, « le monde du football se souviendra d’elle ». - Bruno RODRIGUES, à Bâle. SOurce : equipe.fr



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