L'article

- ADF
22
octo
2012

Election de CHAVEZ : les leçons de démocratie du Venezuela.

« Merci à mon peuple aimé !!! Vive le Venezuela !!! Vive Bolivar !!! » et « Merci mon dieu ! Merci à tous et à toutes ». C’est par ces mots et sur son compte Twitter qu’Hugo CHAVEZ, au pouvoir depuis 1999, a commenté sa victoire à la tête du Venezuela. Réélu pour six ans jusqu’en 2019 avec 54,42 % des voix, face à Henrique Capriles RADONSKI, candidat unique de l’opposition qui a obtenu 44,97 % des suffrages, Chavez a promis de poursuivre sa « révolution socialiste ».

Cette élection me donne le prétexte dans ce parti pris de revenir non seulement sur le personnage d’Hugo Chavez que les occidentaux ont tant diabolisé et que j’ai appris à admirer, mais surtout sur la démocratie Vénézuélienne qui pourrait en donner plus d’une leçon à d’autres.

Que n’a-t-on pas entendu depuis 1999 de la bouche des diplomates et gouvernants de pays occidentaux à propos d’Hugo Chavez ! Le populiste, le subversif, l’autocrate et même tenez-vous tranquille, l’antisémite, le dictateur. Comme à chaque fois que la machine médiatique occidentale se met en branle et à l’unisson sur une même ligne, je sais que la vérité se trouve ailleurs. Pourquoi un homme cristallise-t-il tant les critiques ? Est-ce parce qu’il affirme dès 1999, comme l’écrit Michel Colon dans « Les 7 péchés de Chavez », qu’il est possible de résister aux multinationales et de vaincre la pauvreté ? Ou encore, qu’il est possible d’employer l’argent du pétrole de façon intelligente et utile ? Pas comme à Dubaï où on construit des hôtels à vingt mille euros la nuit au milieu d’une population arabe sous-développée. Pas comme au Nigeria où la faim tue alors que ce pays est un des plus gros exportateurs mondiaux de pétrole. Il est vrai que le pétrole a toujours été au centre des conflits, il est vrai aussi que les Etats-Unis ont toujours gagné la guerre du pétrole. Mais il est aussi vrai qu’un homme Hugo Chavez, ancien Colonel de l’armée et ex-prisonnier pour tentative de coup d’état, leur résiste en proposant une autre voie pour son pays que celles qu’avaient toujours imposées les grandes multinationales du pétrole. Cette voie inspirée des idées de Simon BOLIVAR se résume dans « La Révolution socialiste ». Pourtant treize ans après sa première élection et le lancement de la « révolution socialiste », on ne trouve plus un seul média en occident, ni une seule chancellerie occidentale qui ne reconnaisse la réussite de la « Révolution Socialiste » de Chavez. Tous les observateurs du monde admettent qu’il doit sa récente victoire aux effets bénéfique de ses programmes sociaux qui lui ont permis d’obtenir l’adhésion massive des classes populaire de son pays. De l’avis des experts même de l’ONU, La pauvreté à baissé de 20.8 % entre 2002 et 2010 au Venezuela, soit en 8 ans seulement. Dans le même temps, l’éducation a beaucoup progressé, ce qui a conduit l’UNESCO à déclarer le Venezuela « libre d’analphabétisme » dès 2005. Toutes ces réussites sont le fruit d’une politique basée sur des programmes sociaux touchant différents domaines comme la santé, l’éducation, le logement ou l’agriculture… et entièrement subventionnées par l’entreprise pétrolière nationale PDVSA. Hugo Chavez a donc tenu ses promesses, à savoir qu’il est possible d’employer l’argent du pétrole de façon intelligente et utile et de vaincre la pauvreté.

« Pour gagner, il faut savoir perdre », c’est par ces mots qu’Henrique Capriles RADONSKI a respecté son engagement de ne pas contester les résultats en félicitant le président réélu et a remercié les plus de 6 millions de personnes lui ayant accordé leur confiance. Cet acte traduit la confiance que la classe politique du Venezuela a envers le processus électoral de leur pays. Un processus qui se déroule dans la liberté et la transparence, et qui se caractérise par des taux de participation inimaginable ailleurs. Hugo Chavez « l’autocrate, dictateur » vient d’être réélu au terme d’une élection qui apparait comme une véritable leçon de démocratie pour les pays occidentaux. En effet, La définition de la démocratie comme étant « le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple », n’est vraie que si le peuple participe aux élections. En cela, il faut reconnaître qu’avec plus de 80 % de taux de participation, des électeurs qui pour certains ont veillé devant les bureaux de vote afin d’être certains de voter, et qui pour la plupart devaient attendre près de 5 heures dans les files pour voter, la démocratie vénézuélienne est un modèle. Lorsqu’on sait que le président américain n’est élu que par 40 % d’américains et qu’autant de l’électorat américain n’est même pas au courant de l’élection présidentielle dans leur pays, il y’a vraiment lieu de se demander si ce n’est pas au Venezuela à donner des leçons de démocratie à certains pays passés maître dans l’art de critiquer.

Je ne soutiens pas ici que tout soit parfait dans le gouvernement de Chavez, loin de là, car sur le plan international je ne partage pas ses choix et trouve même qu’il commet des erreurs qui contribuent à ternir son image. Son soutien à Bachar El Assad en est un parfait exemple, tout comme sa stratégie qui consiste à soutenir tout leader controversé et surtout anti-américain. Sur le plan intérieur, sa politique de communication qui l’a conduit à imposer la diffusion de ses discours sur toutes les chaines hertziennes gratuites est également quelque chose de nocif que je ne partage pas. Mais il faut relativiser avec le fait que l’opposition de son pays possède et contrôle la majorité des médias privés et que ceux-ci dépassent en nombre de loin ceux utilisés par Chavez. Par ailleurs le score de Radonski 44,97 % qui est le plus élevé obtenu par un candidat de l’opposition est là pour témoigner de l’existence des déçus du chavisme. Ce score est aussi l’avertissement d’une population en réalité très individualiste qui s’inquiète de la persistance des expropriations, de l’accentuation du clientélisme dans les recrutements du secteur public, de la montée de l’insécurité qui fait du Venezuela un des plus violents de la région avec 45 homicides pour 100.000 habitants, et des problèmes de logements suite à l’explosion démographique.

Cet avertissement n’est visiblement pas tombé dans les oreilles d’un sourd, car Hugo Chavez a promis d’être un meilleur président qu’il ne l’a été jusqu’ici. Avant même cette élection, il avait déjà lancé un programme de construction de 2 millions de logements qui a déjà relogé plusieurs milliers de vénézuéliens. L’autre défi majeur consiste en la diversification de l’économie du pays qui reste encore très dépendante du pétrole et des importations de l’étranger. Le Venezuela importe près de 2/3 de ce qu’il consomme, l’inflation qui est de près de 30 % y est très forte. Il faudra aussi gommer certains effets des subventions qui rendent l’eau potable plus chère que l’essence. Pour le reste, il ne fait aucun doute pour moi que dans 50 ans on parlera d’Hugo Chavez comme on parle aujourd’hui de Che Guevara.

Source : Correspondance d’ADF



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