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13
juin
2013

Débat radiophonique sur la traite négrière : Le commentaire de Jean Marc Soboth

Par Jean Marc Soboth

L’autre jour, débat radiophonique à Montréal. Thème : le plus grand génocide planétaire perpétré en terre africaine dont l’histoire demeure complètement falsifiée. Bwemba Bong, l’auteur parisien qui a écrit trois tomes sur la question montre que le système se poursuit.

Pour Alain Bonnet de Soral, auteur, c’est la faute aux Juifs. Pour l’animateur, Christian, c’est certainement la faute aux « Africains qui ont vendu leurs frères » — ce sont les esclavagistes qui l’ont dit, parce que nous en n’en a aucune connaissance archivée. Les autres n’en savent rien. Rien du tout, à part qu’il faille se méfier des descendants d’esclaves qui s’intéressent à l’Afrique, leur Continent d’origine. Quelqu’un a apporté une version falsifiée de l’histoire consignée dans un ouvrage publié sous la direction de l’éditeur Hatier, filiale du groupe colonial proche de l’Élysée. Lagardère Publishing...

Petites précisions :

1. Pour se lancer dans l’esclavage, les ÉTATS européens avaient besoin absolu de bulle pontificale (décision du Pape) leur donnant l’autorisation d’aller « évangéliser les sauvages » par tous les moyens. Vous avez compris. C’était la « communauté internationale » de l’époque et les bulles étaient l’équivalent des résolutions de l’ONU aujourd’hui.

2. Se disputant ces bulles pontificales au risque de se faire des guerres de « territoires de chasses », les États européens investissaient ensuite leurs armées, intelligentsia, administration et banques dans cette activité qu’ils imposèrent pendant longtemps aux Africains comme unique activité économique du Continent noir, avec les mêmes ruses qu’aujourd’hui (coups d’État contre des monarques résistants ; divisions des classes gouvernantes ; manipulations tribales ; répressions des ethnies fortifiées pour s’en protéger, compte-rendus mensongers des faits, etc.).

3. La sortie officielle de la Traite s’est faite avec l’institution de la Colonisation 1884-1885), jugée plus « humaniste », notamment avec la Conférence de Berlin où les puissances anciennement esclavagistes se sont partagées l’Afrique sans aucun représentant africain — preuve supplémentaire que les Africains n’avaient aucun pouvoir sur leur propre destin durant la Traite contrairement aux mensonges.

4. En Amérique où les Européens ont pratiqué la Traite des Amérindiens, le Vatican/l’église catholique a présenté plusieurs fois des excuses officielles à plusieurs niveaux en condamnant l’idéologie qui a jusutifié l’esclavage, à savoir l’hypothèse « évolutionniste » mensongère que les peuples sauvages n’avaient pas d’âmes comme les animaux, et que seul le baptème chrétien allait en faire des hommes, leur donner une âme vivante.

Désormais, toute accusation à l’égard des peuples indigènes d’Amérique à qui ce système fut imposé sur tout le Continent américain n’est même pas envisageable, considérée comme du négationnisme grave et du racisme. Le Déclaration de l’ONU sur les peuples indigènes (2007) envisage des réparations.

Il n’y a qu’en Afrique où la thèse mensongère prospère grâce à un océan d’ignorance.

5. L’éminence grise de la Traite, celui qui l’a imaginé, est le Portugais Henri le Navigateur dont la biographie est disponible dans les bibliothèques.

J’invite tout un chacun à lire sa biographie et à lire Bwemba Bong sur Google livres.

CQFD.

J.-M. Soboth



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