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29
mai
2014

Crise du gaz russe : Bruxelles s’avoue « vulnérable »

La Pologne propose une centrale d’achat européenne. La Commission préfère d’autres pistes. À six jours de l’expiration de l’ultimatum du russe Gazprom qui menace de couper le gaz à l’Ukraine le 3 juin si cette dernière ne règle pas une partie de ses arriérés de 3,5 milliards de dollars, Bruxelles « reste vulnérable » face à Moscou, premier fournisseur de gaz de l’Union européenne, selon José Manuel Barroso, le président de la Commission.

Le commissaire chargé de l’Énergie, l’Allemand Günther Oettinger, a présenté mercredi un plan d’action pour réduire la dépendance à l’égard de la Russie qui a livré l’an dernier à l’UE 27 % de ses importations de gaz. En pointe sur ce dossier, la Pologne, qui importe 83 % de son gaz à la Russie, avait le mois dernier appelé à une véritable « union de l’énergie ». Entre autres mesures, le premier ministre polonais Donald Tusk propose une centrale d’achat. Unis, les acheteurs de gaz pèseraient plus lourd qu’en ordre dispersé pour négocier la sécurité de leur approvisionnement et les prix avec Gazprom.

Mercredi, ce n’est que du bout des lèvres que Günther Oettinger a évoqué l’idée : « de mécanismes volontaires de regroupement de la demande qui augmenteraient le pouvoir de négociation des acheteurs pourraient être évalués ». Et encore, ces « options » devront rester compatibles avec les règles commerciales européennes. Si François Hollande a publiquement soutenu le plan polonais, Londres, par tradition rétive à tout renforcement du pouvoir bruxellois, est hostile au concept d’une centrale d’achat. Le commissaire Oettinger a plutôt mis en avant mercredi « l’achèvement du marché intérieur de l’énergie » pour garantir de meilleurs prix.

« Nous savions que cette idée de centrale d’achat serait la plus controversée, confie une source polonaise. Nous ne cherchons pas à avoir un prix unique fixé par une administration, nous voulons surtout souligner qu’il n’est pas possible pour un État isolé de garantir sa sécurité d’approvisionnement. » Idée illusoire

« Cette idée de centrale d’achat me paraît illusoire », commente pour sa part l’économiste Patrice Geoffron. Ce spécialiste de l’énergie à l’université de Paris-Dauphine rappelle que des consortiums se sont formés entre Gazprom et ses partenaires occidentaux tels GDF Suez ou l’allemand E.ON, qui ont investi ensemble dans le gazoduc Nord Stream et sont liés par des contrats de fourniture sur vingt ou trente ans. Ces deux dernières années, les gros clients de Gazprom comme E.ON ou GDF Suez ont profité de la baisse des prix du marché et du recul de la demande pour obtenir des rabais. Négocier de la sorte est plus difficile pour les petits pays. D’où les appels à la solidarité, repris tant par Varsovie et Bruxelles. Celle-ci se concrétisera par davantage de stockage et un renforcement des gazoducs pouvant fournir aussi d’ouest en est.

D’autres mesures évoquées dans le document de 227 pages présenté mercredi divisent au sein de la Commission. Connie Hedegaard, chargée du climat, plutôt que le recours au charbon ou au gaz de schiste, privilégie les économies d’énergie et les renouvelables. « Investissons notre argent chez nous plutôt que de l’envoyer à la Russie de Poutine », a-t-elle déclaré.

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/...



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