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6
juil
2009

Cameroun-Université de Buéa : L’eau aurait coulé

Pleinement trempé dans les examens de fin de semestre, une rumeur faisant état de la reprise de l’épreuve d’anglais fonctionnel ENG 102 qui s’est déroulée le 25 juin passé circule depuis plusieurs jours dans les environs du campus de Molyko.

Les raisons d’une telle mesure se situeraient selon ces mêmes rumeurs, dans un taux de réussite anormalement élevé. En effet, on enregistre un nombre questionnable de bonnes notes pour des sujets jugés « serrés ». La fameuse formule selon laquelle "l’eau a coulé” est sur toutes les lèvres et parait la seule explication logique à pareil phénomène. S’il s’avérait que cette rumeur soit confirmée par l’administration universitaire, il en résultera des conséquences contraignantes pour les étudiants. Partant du fait que la vaste majorité des étudiants ayant pris part à cette épreuve soient déjà parti en vacances parce qu’ayant terminé, on se pose donc la question de savoir s’ils reviendront prendre part à cette épreuve. Quitter Yaoundé, Douala, ou Bamenda pour revenir prendre part à 3 heures de composition est la dernière chose que ces étudiants voudront surement faire. Leur situation semble cependant moindre comparer à celle des expatriés Equato-guinéens notamment qui ont déjà regagné Malabo et autre Bata. La ville universitaire de Buea regorge en effet d’une population estudiantine dont plus de 90% viennent des autres régions du pays et d’autres pays de la sous région. La principale préoccupation ici est de savoir quel sera le traitement réservé à ceux qui ne pourront faire le déplacement retour ? Pour revenir à la pseudo-cause de ce problème, cette "eau qui a coulé", d’où prend elle sa source ? Si fuite d’épreuves il y a eu, ceci ne peut qu’être l’action de criminels à col blanc cachés dans l’administration. L’administration ne pouvant sévir à l’intérieur ne sachant d’où provient la faille dans son système recherche les solutions ailleurs. Et comme il est de coutume au Cameroun, les sans-défenses paient l’addition la plus lourde. Les étudiants se défendent en arguant que cette mesure si réellement appliquée, constituerait une insulte envers leur science et leur

intelligence dans un système où la culture de la médiocrité a plongé ses racines à tous les niveaux et dans toutes les institutions au point où une performance comme celle-là pour un peu qu’elle sorte de la trop permanente rareté d’excellence, soient taxée de fraude généralisée. Faudrait tout de même souligner que pareille performance ne saurait qu’inquiéter tout esprit avisé. Des notes qui flirtent avec la barre des 70/70 et qui l’auraient surement atteint n’eut été les questions de dissertation ne peuvent que soulever pareilles suspicions et réserves.

Cela remet une fois de plus sur la table l’épineux problème de corruption dans nos institutions. Alerte face aux pratiques malveillantes entreprises aussi bien par les étudiants que les enseignants à l’approche des examens, Le Vice- Chancellor Pr P.K Titandji, a cru bon de sensibiliser ses pairs interdisant toutes rencontres entre étudiants et leur enseignants pendant la période précédant les examens et aussi pendant les corrections. Ainsi les facultés étaient tout simplement "OUT OF BONDS FOR STUDENTS". Les babillards étaient par ailleurs envahis par diverses notices qui rappelaient la nécessité d’arrêter ces pratiques. En attendant que cette rumeur soit confirmée ou infirmée par les responsables universitaires, les étudiants se préparent en conséquence sachant qu’ils n’auront d’autre choix que de se plier à cette décision. Pour l’heure, ils restent scotchés à Chariot Fm, chaine de radio émettant depuis le Département de Journalisme et Communication ou rasent les murs et couloirs du campus à la quête de tout papillon donnant plus de précisions sur cette issue. We just wait to see !

Correspondance de KIMANE ALTESSE a Buéa.



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