L'article

1er
mai
2012

Cameroun : Les futures éperviables sont connus

La résurgence des vols virevoltants de l’oiseau rapace vient de connaître une nouvelle vague d’arrestations, conférant du coup un sommeil agité à ceux des gestionnaires de la fortune publique encore en sursis. Tout semble indiquer qu’à son rythme, bien d’autres ont des comptes à rendre à notre intrépide système judiciaire. Qui peuvent-ils être ?

Il est bien difficile de répondre péremptoirement à cette lancinante interrogation. Toutefois, la nature des affaires en instruction dans notre institution judiciaire, jointes aux révélations de certains organismes en charge de l’assainissement, dans la gestion des fonds publics laisse transparaître certains noms.

Leurs porteurs se souviennent certainement en ce moment de ce rappel vigoureusement lancé à leur adresse, lors du congrès ordinaire du Rdpc tenu à Yaoundé les 15 et 16 septembre 2011 par le président de la République. A cette occasion, le président du Rdpc faisait la déclaration solennelle suivante : « Chers camarades, la lutte contre la corruption va se poursuivre en s’intensifiant, sans complaisance, sans discrimination, indépendamment du statut social ou de l’appartenance politique des personnes incriminées ».

Autant ceux des dignitaires, ministres et directeurs généraux, responsables des collectivités décentralisés que les personnes impliquées dans le Contrôle de gestion de ces entités ayant antérieurement perpétré leurs actes de corruption ceux en exercice voire à venir, nul ne semble être à l’abri des atterrissages d’urgence de nos oiseaux de proie.

Leurs listes non exhaustives se rallongent au fil des jours, dévoilant le caractère endémique de ce fléau suicidaire pour la nation. Tel serait le cas de Messengué Avom, ex-ministre des Travaux publics, dont la gestion qualifiée de gabegie par la Conac en fin 2011, avait défrayé la chronique d’une navrante spoliation des fonds destinés à la construction de la route Bertoua-Bognis, dans la région de l’Est. Il se voyait par la suite éjecté du gouvernement, relégué sur la liste d’attente des candidats au pensionnat de Kondengui.

Autre personne autant angoissée, bien que n’ayant jamais été inquiétée ni par la Conac ou autre, Françoise Foning. Cette militante très active du Rdpc au pouvoir était accusée de se cacher derrière son activisme sulfureux, dans le souci de camoufler ses errances dans des marchés fictifs, en corrélation avec certains pontes du régime qui lui faciliteraient l’accès à la fortune publique. Au cours des années chaudes de notre retour convulsif au multipartisme, son nom était apparu sur la liste des personnes ayant crucifié la défunte société Camerounaise de Banque, Scb non sans avoir consacré le décès du Fogape. Le montant lié à son nom dépassait alors largement le milliard.

Depuis, son activisme politique suspect lui avait conféré des qualificatifs divers. Son intrusion à l’hémicycle de Ngoa-Ekelé était critiquée avec véhémence, celle-ci étant considérée comme prétexte d’une « fey Woman », dans le seul souci d’échapper aux affres de la justice. L’épervier aura-t-il à son encontre autant de scrupule qu’elle l’espère, rien ne permet d’être affirmatif sur ce coup.

L’un des cas les plus probants dans ce couloir est celui du Ministre délégué à la Présidence de la République chargé de la défense, Edgar Alain Mebe Ngo’o. Sa villégiature au sein de notre haute administration l’a vu partir de la ville de Mfou où il était préfet, à la capitale Yaoundé.

Il est alors nommé préfet du Mfoundi, avant de se voir propulsé au poste de directeur du Cabinet civil de la Présidence de la République. Sa présence dans cette fonction à l’époque où se concoctait l’épineux dossier de l’aéronef présidentiel fait de lui l’une des personnes qui auraient certainement bien des choses à dire au juge d’instruction, tout au moins en qualité de témoin. Ce qui serait par ailleurs étonnant.

Augustin Kontchou Kouomegni aura quant à lui, pris des dispositions à travers des prête-noms dont il s’est servi comme camouflage, dans des investissements trop voyants dans la ville de Yaoundé. Des hôtels aux building divers, cet enseignant de Droit aura certainement su mettre à profit la lourde mallette contenant le montant de 400 millions destiné à l’équipe nationale « Les Lions indomptables » dont l’expédition foireuse aux Etats-Unis en 1994, avait considérablement contribué à porter de sérieux revers à l’image de marque de notre football, ainsi que du pays tout entier. Il se la coule douce, bien tenu à l’abri, du moins jusqu’à ce jour, de la zone de turbulence que traversent les charançons de notre économie nationale.

Quant au duo Mekoulou Mvondo de la Cnps et Charles Metouck de la Sonara, ces deux directeur généraux se savent, bien plus que les autres suscités, en proie à une angoisse indicible, car se sachant plus que jamais sur la liste noire des gibiers supplémentaires, au menu de l’oiseau carnassier.

La liste ne pouvant être exhaustive, ils seront triés au volet, sur celle bien longue annoncée récemment par le ministre du Contrôle supérieur de l’Etat, dont en ordre dispersé :

1- Denis Oumarou, ex-secrétaire d’Etat au Finances

2- Antoine Bikoro, Directeur général adjoint du Chantier naval et industriel du Cameroun

3- Jean Jacques Ndoudoumou, le chantre du mercantilisme dans l’attribution des marchés publics

4- Amadou Vamoulké, dont la devise est : faire de la Crtv une épicerie familiale

5- Francis Faï Yengo, très impliqué dans la déliquescence managériale du Port autonome de Douala

6- Michel Meva’a Meboutou, dans le fameux dossier Albatros

7- Essimi Menye devrait également expliquer à un collège de magistrats normalement constitué, l’ambigüité qu’il entend entretenir entre les déclarations d’un voleur rattrapé qui reconnait avoir cambriolé et soutiré la somme de 700 millions de Fcfa de son cabinet, tandis que lui, l’occupant des lieux, prétend n’avoir jamais gardé un tel montant, outre la présence insolite de 12 lingots d’or dont il prétend ignorer la provenance, alors qu’il ne serait nullement éloigné du trafic frauduleux de nos minerais,

8- Le mariologue Gervais Mendo Ze dont la gestion scandaleuse avait défrayé la chronique en son temps

9- Adolphe Moudiki (affaire du navire Rio del Rey)

10- Biwolé Sida (ancien Directeur général de l’hôpital central de Yaoundé)

11- René Bayem (Dg Camship)

12- Jean Baptiste Béléoken répondra devant le juge d’instruction de sa gestion dans le dossier des indemnisations des populations sur les sites du Port en eaux profondes de Kribi et de l’usine à gaz, outre le cas de Lom Pangar

13- Yvette Kimaka dont l’étendue des actes de faux en écriture, le détournement des fortunes foncières en association avec son oncle Jean Baptiste Béléoken et d’autres complices dont les noms ne manqueront pas de figurer sur notre prochaine liste. Ses séjours prolongés au cours des interrogatoires serrés à la Direction de la police judiciaire connaîtront à coup sûr leur dénouement dans le cadre de l’épervier.

14- Autre éperviable, Hamadou Moustapha, qui fut jadis le Tout puissant ministre de l’Urbanisme et de l’habitat. Portant cette casquette sous la bannière de l’Undp en alliance avec le Rdpc, il avait vendu un nombre considérable de maisons, de la société immobilière du Cameroun en violation des normes réglementaires en la matière.

© Libération Plus : Edmond Elanga

© Copyright Camer.be /Le titre est de AEUD



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Les commentaires (1)

  • Commentaire 4427 modular homes upstate NY
    le 5 juin 2013  à 10:37

    p74JYb I really liked your article post.Really thank you ! Much obliged.

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