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6
juil
2016

Cameroun : C2D de 400 milliards de FCFA, monnaie d’échange pour la libération de Lydienne Yen Eyoum ?

La remise totale par Paul Biya, de la peine de 25 ans de prison ferme qui a abouti à la libération de l’avocate française d’origine camerounaise, s’est faite quatre (4) jours après la signature à Yaoundé, capitale du Cameroun, d’un 3e Contrat de désendettement et de développement (C2D).

La signature du 3e C2D, s’est faite le 30 juin 2016, entre le Cameroun d’une part représenté par Louis-Paul Motaze, le ministre camerounais de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), et le Secrétaire d’Etat français en charge du Développement et de la francophonie André Vallini. Montant du contrat : 400 milliards de FCFA.

4 jours plus tard, le 4 juillet 2016, la libération, -décriée par l’opinion-, de l’avocate française d’origine camerounaise est décidée par décret présidentiel.

« Le président Paul Biya n’a pas relâché Madame Lydienne Yen Eyoum, épouse Loyse simplement par ce qu’elle est française ou par ce qu’il y a eu la pression du groupe de travail de l’ONU. En coulisse, dans le cadre des négociations, une des clauses de ce 3e C2D, était la libération de l’avocate française d’origine camerounaise », confie sous anonymat, une source autorisée ayant participé aux négociations.

Pour notre source, Lydienne Yen Eyoum était une monnaie d’échange.

« À travers le C2D, le Cameroun rembourse la dette qu’il doit à la France, mais la France ne ramène pas cet argent. Elle lui en fait cadeau, tout en contrôlant l’usage. C’est une remise de dette sous contrôle. Bref, le C2D Rechercher C2D permet à la France d’étendre son influence sur les pays en voie de développement. Biya avait besoin des centaines de milliards. Hollande voulait libérer sa compatriote. Yen Eyoum était sa monnaie d’échange », explique notre source qui a participé aux négociations. À titre de rappel, le premier C2D d’un montant de 352 milliards de FCFA, a été signé le 22 juin 2006. Le second, de 214 milliards FCFA avait été signé six ans plus tard.

Issa Tchiroma Bakary, le ministre camerounais de la Communication et porte-parole du gouvernement, a démenti cette version, « la France vient de nous accorder 400 milliards de FCFA pour le CD2. Il faut dire merci de vive voix. Lydienne ce n’était pas une condition, pas du tout », a déclaré le Mincom en réponse à une question de journaliste ce mardi à Yaoundé.

Pour une troisième opinion, le chef de l’Etat a cédé aux pressions françaises, « Volez, Prenez la nationalité française et vous n’irez pas en prison », clament unanimement sur internet, à l’endroit d’autres gestionnaires de la chose publique, les camerounais qui n’ont pas encore digéré la libération de la sulfureuse avocate.

Dans le cadre de la coopération Cameroun-France, un tête-à-tête, Biya –Hollande est annoncé dans les prochaines semaines à Paris.

La partie camerounaise apprend-on, est en train de préparer la rencontre Hollande Biya prévue dans les prochaines semaines. Le dernier entre les deux chefs d’Etat remonte à un an en juillet 2015 à Yaoundé. « Biya ne pouvant se permettre de subir une fois de plus les « quolibets » de la presse française, dans un contexte où d’autres sujets sensibles doivent être abordés, a anticipé sur la libération de Lydienne Yen Eyoum », conclut notre source.

Au sein de l’opinion camerounaise, la polémique ne retombe pas 24 heures, après la libération de Lydienne Yen Eyoum, qui a bénéficié d’un décret du chef de l’Etat, pour une remise totale de peine de 25 ans de prison ferme.

Les propos de l’avocate de Lydie Eyoum choquent l’opinion Camerounaise

À l’occasion d’une conférence de presse tenue ce mardi à Yaoundé, Issa Tchiroma Bakary, le ministre camerounais de la Communication et porte-parole du gouvernement, a réagi aux propos de Charrière-Bournazel (avocat de Lydienne Eyoum), qui a déclaré, « Hollande avait de manière très ferme, demandé à plusieurs reprises à M. Paul Biya de libérer Mme Yen Eyoum ».

Pour Issa Tchiroma, ces propos manquent de courtoisie diplomatique, « le Cameroun est un pays souverain. Le chef de l’Etat a accepté la doléance de son homologue français parti de Paris », a déclaré le porte-parole du gouvernement camerounais cet après midi, en référence à la visite de François Hollande à Yaoundé le 3 juillet 2015.

Le membre du gouvernement, a tenu à préciser que la condamnation demeure, « pour le Cameroun, la condamnation demeure. Tout ce qu’elle doit à l’État camerounais, elle doit payer. La grâce ne concerne que la privation de liberté. »

Avant de conclure, « la nationalité n’a jamais conféré un passe droit ».

Dans la rue, une opinion largement répandue, fait croire que le président Biya a cédé aux pressions de la France qui demandait avec insistance, la libération de l’avocate française d’origine camerounaise, qui, accusée d’un détournement de plus d’un milliard de FCFA, avait été condamnée à 25 ans de prison ferme.

Sur internet, les camerounais expriment leur mécontentement et exigent le remboursement de tout l’argent « réclamé » par l’Etat du Cameroun à l’avocate française. Ils dénoncent également le deux poids et deux mesures. Les camerounais dans la majorité, réclament la libération d’autres prisonniers condamnés dans le cadre d’ « Epervier », opération d’assainissement des mœurs, dans la gestion de la chose publique.

Armand Ougock, Yaoundé

Source : Koaci



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