L'article

16
janv
2008

CAN-2008 : le Cameroun n’est plus ce qu’il était

Géant continental, grand favori systématique de la Coupe d’Afrique qu’il a remportée quatre fois depuis 1984, le Cameroun, armé d’un seul joueur d’exception, Samuel Eto’o, semble moins fort depuis quelques saisons et n’est qu’un des outsiders de la CAN-2008 (20 février-10 janvier).

Le règne des Lions Indomptables touche-t-il à sa fin ? Ils possèdent pourtant le plus beau palmarès du continent : quatre CAN (1984, 1988, 2000, 2002), cinq participations au Mondial (1982, 1990, 1994, 1998, 2002) dont ils ont atteint les quarts de finale en Italie, en 1990, et une médaille d’or olympique (2000). Mais le Cameroun, véritable machine à gagner au moral indestructible, un peu à l’image de l’équipe d’Allemagne, a donné quelques signes de faiblesses ces dernières années. Les nerfs du roi d’Afrique ont quelques fois flanché.

Le premier accroc est survenu en 2004, à la CAN tunisienne en quarts de finale contre le Nigeria, dont le Cameroun était jusqu’alors la bête noire pour l’avoir battu trois fois en finale de CAN (1984, 1988 et 2000). Les Super Eagles ont surmonté leurs complexes et un retard d’un but pour s’imposer 2 à 1.

La deuxième marche ratée a été un véritable traumatisme au pays. Les Lions ont manqué la Coupe du Monde 2006 qui leur tendait les bras : une victoire au dernier match contre l’Egypte, déjà éliminée, suffisait, mais le Cameroun a échoué (1-1), ratant surtout dans le temps additionnel un penalty qui l’aurait envoyé en Allemagne ! La Côte d’Ivoire, qu’il avait battue deux fois en qualifications, prenait "sa" place au Mondial. Et Samuel Eto’o fondit en larmes.

Lors de la CAN-2006, le Cameroun a encore cédé en quarts contre la Côte d’Ivoire, une équipe sur laquelle les Lions Indomptables avaient pourtant aussi un ascendant psychologique.

Pire : signe de la dilution de leur légendaire sang-froid, ils se sont inclinés aux tirs au but (1-1, 11-12), une épreuve qui avait forgé leur légende après trois finales majeures remportées à ce jeu cruel, les JO-2000 (2-2, 5-3 contre l’Espagne), et les CAN-2000 (2-2, 4-3 contre le Nigeria) et 2002 (0-0, 3-2 contre le Sénégal).

Les Lions Indomptables font d’autant moins peur à l’Afrique qu’ils ne comptent plus qu’une terreur dans leurs rangs - le Barcelonais Samuel Eto’o - quand leurs prédécesseurs alignaient plusieurs joueurs d’exception (Théophile Abega, Emmanuel Kundé, Roger Milla, François Oman-Biyick, Pascal Mboma, Rigobert Song...)

Aujourd’hui, Rigobert Song est vieillissant (32 ans) et si le Cameroun conserve quelques solides joueurs (Jean II Makoun, Achille Emana...) et, conformément à la tradition (Thomas Nkono, Joseph-Antoine Bell...), un excellent gardien (Idriss Kameni, de l’Espanyol Barcelone), il lui manque tout de même quelques dents.

Rentré dans le rang, le Cameroun n’est même pas tête de série au Ghana. Mais attention, les Lions Indomptables se sont déjà transformés en sphinx. Ils étaient arrivés divisés au Mondial-1990, avec un Milla trop vieux (38 ans), par des problèmes de primes, et on prédisait un carnage. Ils avaient pourtant atteint les quarts de finale, une grande première pour l’Afrique.



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