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27
mai
2014

Au « Davos russe », Vladimir Poutine a fait fi des sanctions

Le patron de Rosneft, cible des Américains, a signé un contrat avec BP. À Moscou, la Bourse a effacé ses pertes. Isoler la Russie, « c’est impossible ».Vladimir Poutine l’a répété samedi soir, lors d’un dîner de clôture du Forum économique international de Saint-Pétersbourg auquel il avait convié les rédacteurs en chef des agences de presse internationales. Au menu, le maître du Kremlin avait fait servir de la sole de … Crimée.

À l’issue de cette dix-huitième édition du « Davos » russe, manifestation qui a véritablement pris de l’ampleur en 2006 sous la houlette de Vladimir Poutine, le président russe avait des raisons de parader. Lundi, la Bourse de Moscou était en hausse. Les investisseurs saluaient certes la victoire du candidat pro-occidental Porochenko à la présidentielle ukrainienne, vue comme un espoir d’apaisement. Mais ils reflétaient aussi la faible crainte des sanctions internationales contre Moscou. L’indice Micex de la Bourse moscovite a effacé lundi les pertes cumulées de près de 15% subies depuis l’annexion de la Crimée. Quant au rouble, qui a perdu 10% entre le début de l’année et la mi-mars, il a également retrouvé son niveau de la mi-janvier, à 46 roubles pour 1 euro.

À Saint-Pétersbourg, les appels de la Maison-Blanche à boycotter l’événement avaient conduit plusieurs grands patrons d’outre-Atlantique à annuler leur visite. Une trentaine de dirigeants étrangers, initialement inscrits, ont fait défection.

Pétrole de schiste

Parmi eux, le PDG de General Electric, Jeff Immelt, officiellement retenu en Floride. Le patron d’Alstom, Patrick Kron, était en revanche présent, au même titre que, côté français, Christophe de Margerie (Total), Henri Proglio (EDF) ou Jean-François Cirelli (numéro deux de GDF Suez).

Au Forum, les dirigeants économiques russes ont eu l’occasion de traiter par le mépris les sanctions prises par les États-Unis et l’Europe contre des personnalités ou des entreprises. Les sanctions ? Elles « ne semblent plus tellement menaçantes », a ainsi ironisé Igor Setchine, le patron de Rosneft, la plus grosse compagnie pétrolière mondiale, proche de Vladimir Poutine, désormais interdit de visa américain. Rosneft a signé samedi un contrat avec le britannique BP, qui est actionnaire à 20% du géant russe. L’accord, portant sur 300 millions de dollars, est le premier passé avec une entreprise étrangère depuis la mise en œuvre des sanctions occidentales. Il prévoit la création d’une coentreprise qui explorera un gisement de pétrole de schiste dans le bassin de la Volga. Plus que jamais, les compagnies pétrolières et gazières internationales, tel l’américain ExxonMobil, partenaire de Rosneft, convoitent les immenses réserves d’hydrocarbures encore inexploitées, notamment dans l’Arctique russe.

De leur côté, les compagnies russes ont besoin de la technologie et des capitaux occidentaux. Le Forum de Saint-Pétersbourg aura permis au Kremlin de rappeler que la Russie reste incontournable dans les affaires internationales. Il n’en reste pas moins que, depuis le début de l’année, 64 milliards de dollars de capitaux ont fui le pays, autant que sur l’ensemble de 2013, et que la croissance (le gouvernement table sur 0,5% cette année, le FMI 0,2% au mieux) est en berne.

http://vosmedias.actualites.bourse....



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