L'article

19
sept
2012

Affaire SCDP : Nguini Effa fait prévaloir ses prérogatives

© Etame Kouoh | Le Messager

L’audience relative au procès pour détournement de fonds à la société camerounaise de dépôts pétroliers (Scdp) s’est poursuivie hier mardi 18 septembre 2012 à la salle annexe du tribunal de grande instance du Wouri.

Il était question pour Dr Jean-Baptiste Nguini Effa, ex-directeur général de la Scdp de se prononcer sur les différentes accusations qui pèsent sur sa tête. Me Eloundou, avocat de la partie civile a voulu voir clair dans les marchés de maintenance des équipements techniques, les véhicules « illicitement » cédés à des cadres d’une valeur estimée à soixante sept millions six cent soixante douze mille cent quarante (67.672.140) Fcfa, notamment la Nissan patrol turbo dont a bénéficié Jean Beautemps Mackongo Guéyé (ex-directeur administratif et comptable), les quarante six millions (46.000.000) Fcfa alloués à l’assurance des logements des personnels, la rémunération et les avantages du directeur général, le projet Nsam, et les quarante millions (40.000.000) Fcfa versés à la société Waco pour la cérémonie des médailles d’honneur du travail.

Pour balayer ces accusations qu’il juge non fondées et montrer patte blanche au tribunal, l’ex-président de Renaissance de Ngoumou qui squatte les locaux des mineurs à la prison centrale de Douala au même titre que les autres grosses légumes prises dans le cadre de l’Opération Epervier, s’est appuyé sur l’acte uniforme Ohada (organisation pour l’harmonisation du droit des affaires en Afrique). En citant l’article 484 contenu dans le précieux sésame, il évoque les pouvoirs étendus du directeur général. Concernant les véhicules soupçonnés de détournement, il parle d’une volonté manifestée par les acquéreurs. « Tout ceci relève des prérogatives du directeur général. C‘est un prêt véhicule que ces responsables ont bénéficié. Ils sont tenus de rembourser au moins la moitié car ces véhicules sont à usage professionnel et privé. C’est ceux qui en ont fait la demande sur la base de leurs salaires qui ont été éligibles à ce programme ». Quant au logement, « j’avais tous les pouvoirs de souscrire une police d’assurance et c’est ce j’ai fait. Cet argent était budgétisé en tenant compte de tous les risques comme les inondations et les incendies. Je n’ai jamais dépassé le budget voté par le conseil d’administration ».

Irrégularités de gestion

Pour se mettre en confiance, il ironise. « Est-ce que la santé fait partie de l’objet social de la Scdp ? Pourtant la Scdp s’occupe de la santé des personnels. Pourquoi la partie civile ne s’y intéresse pas ? Je continue de dire que le directeur général a des pouvoirs étendus. Quand j’étais aux affaires, je faisais ce qui devait être fait eu égard à mon rang. J’étais contrôlé par le conseil d’administration qui a toujours salué mon sens d’anticipation ». Quant au problème relatif à ses avantages, Nguini Effa prend le conseil d’administration à témoin. « Le salaire du directeur général et ses avantages sont fixés par le conseil d’administration. Après ma nomination le 21 mars 1994, le président du conseil d’administration (feu Epée Moudio, ndlr) a fixé de manière verbale mon salaire et mes avantages à savoir le logement, le véhicule, les frais de scolarité et autres étaient pris en charge par la Scdp. Il n’y a pas eu de document pour définir mes avantages ». L’affaire a été renvoyée pour ce jour à la demande de la défense qui veut voir clair dans cette affaire surtout que la partie civile a versé de nouvelles pièces dans le dossier d’accusation.

Bon à savoir, c’est depuis vendredi 28 août 2009 que Jean-Baptiste de La salle Nguini Effa (ex-directeur général de la Scdp), Kisito Bogne Ondoua (ex-chef de cabinet), Jean Beautemps Mackongo Guéyé (ex directeur administratif et comptable), Jean Onana Adzi (directeur administratif et financier), Théodore Guillaume Toko Dikongué (responsable développement à Yaoundé), et Marc Thierry Etoundi chef service de la trésorerie et du recouvrement ont été admis à la maison d’arrêt de Douala. Ceci cinq mois après l’édit du Conseil de discipline budgétaire et financière (Cdbf) du Contrôle supérieur de l’Etat, sur la gestion de Nguini Effa, uniquement sur les exercices à problème de 2005, 2006 et 2007, où il avait été relevé 25 irrégularités de gestions portant sur un déficit de 955 083 664 Fcfa. Des fautes de gestion assimilées à des détournements de fonds publics.



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