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27
nove
2008

Affaire Clearstream : Imad Lahoud reconnaît avoir falsifié les listings

Dans l’affaire des faux listings de Clearstream, Imad Lahoud avait toujours nié être le falsificateur et même clamé son innocence dans un livre intitulé Le Coupable idéal. Revirement : il affirme désormais, dans Le Point à paraître jeudi 27 novembre, avoir lui-même "ajouté le nom de Nicolas Sarkozy dans les faux listings".

Soupçonné par les juges Henri Pons et Jean-Marie d’Huy d’être l’auteur de la falsification, l’informaticien et homme d’affaires avait de toute façon été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris pour "dénonciation calomnieuse" et "faux et usage de faux". Au terme de l’instruction, close le 17 novembre, l’ancien premier ministre Dominique de Villepin a été renvoyé en correctionnelle pour complicité de dénonciation calomnieuse.

Imad Lahoud explique dans l’hebdomadaire qu’il aurait ajouté le nom de l’actuel président de la République dans le bureau d’Yves Bertrand, à l’époque patron des renseignements généraux (RG). Les deux hommes se seraient en tout rencontrés "six fois" selon M. Lahoud. "La dernière fois que j’ai vu Bertrand, c’était dans son bureau, pour ajouter le nom de Sarkozy sur les faux listings. C’est le seul nom que j’ai ajouté. C’était en présence d’une troisième personne, dont je préfère pour l’instant taire l’identité", a-t-il déclaré à l’hebdomadaire. Dans un communiqué, M. Bertrand a réaffirmé, mercredi 26 novembre, "qu’il n’a jamais rencontré Imad Lahoud" et "s’étonne" par ailleurs d’un "tel acharnement" du Point contre lui. Il "déposera plainte en diffamation dès la parution" de l’hebdomadaire, jeudi, précise le communiqué.

M. Lahoud soutient que "tous ces rendez-vous figurent" dans ses "agendas électroniques, qui ont été saisis dans l’affaire Clearstream". Il ajoute : "Malheureusement, les juges [Jean-Marie d’Huy et Henri Pons] n’ont jamais pris la peine de regarder si le patron des RG y apparaissait." "Je me suis enferré dans une défense sans issue où je niais tout en bloc. Je suis fatigué, épuisé", ajoute-t-il. Cependant, selon les journalistes du Point, Imad Lahoud serait incapable de décrire le bureau de M. Bertrand.

L’enquête sur l’affaire Clearstream avait été ouverte le 3 septembre 2004 par les juges Jean-Marie d’Huy et Henri Pons pour "dénonciation calomnieuse". Le but était d’identifier les auteurs et complices d’une campagne de calomnies dont les cibles étaient des hauts responsables de l’industrie, de l’administration, des services de renseignement et de la politique. Ces noms figuraient sur des documents prétendument extraits des archives de Clearstream, société financière luxembourgeoise censée abriter leurs comptes respectifs. Les documents – listings et CD-Rom – avaient été envoyés anonymement au juge Renaud Van Ruymbeke, qui travaillait alors sur l’affaire des frégates de Taïwan.

LAHOUD ENTENDU COMME TÉMOIN DANS UNE AUTRE AFFAIRE

Par ailleurs, l’ancien vice-président d’EADS, Jean-Louis Gergorin, a été placé en garde à vue et l’informaticien Imad Lahoud entendu comme témoin par la police, mercredi 26 novembre, dans le cadre d’une enquête judiciaire pour "escroquerie" aux dépens d’EADS. Cette enquête a été ouverte en février 2007 à la suite d’une plainte de la société d’aéronautique et de défense européenne contre M. Lahoud pour "escroquerie, faux et abus de confiance". La société soupçonne l’informaticien, embauché par M. Gergorin, d’avoir dépensé 84 000 euros en taxis, entre octobre 2004 et mai 2006, alors qu’il disposait d’une voiture de fonction. Des faits similaires sont également reprochés par EADS à M. Gergorin.

L’information judiciaire pour escroquerie aux dépens d’EADS est également instruite par Jean-Marie d’Huy mais "n’a rien à voir" avec le dossier Clearstream, a précisé une source judiciaire.

Source : lemonde



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