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2
octo
2014

AUTANT QUE BOKO HARAM, L’ETHNO-FASCISME EN EFFET, L’AUTRE COMBAT DU CAMEROUN.

Par Hippolite Nwal

Si on peut le comprendre dans certaines limites*, le desir affiche par certains de defendre "le President Biya, ainsi que son ethnie d’origine hais...", ne saurait tout expliquer, ni tout justifier ; y compris l’injustifiable. Il ne saurait en tout cas justifier que soient utilises les memes moyens qu’on reproche a ceux que l’on pretend combattre !

Le President Biya a herite d’une Republique "Unie", d’une nation qui comptait deja les memes composantes ethniques qu’aujourd’hui, mais ou la question ethnique etait moins brulente qu’elle ne l’est de nos jours. Difficile de ne pas etablir la lien entre ce constat, et les 32 ans de gestion de la question ethnique sous le Renouveau.

Il incombe neanmoins au President Biya, ceci par dessus tout, de restituer a ses successeurs une nation en paix, une Republique aux moeurs assainies, assurant pleinement ses missions regaliennes ; et en etat de gouvernabilite. Il va sans dire que certains propos echanges, de par leur teneur, ne peuvent etre que condamnes : ils vehiculent une violence a peine dissimulee, et n’apportent rien, ni au debat, ni aux enjeux futurs auxquels le pays est deja confronte. En se focalisant sur l’individu, ils passent a cote de ce qui me semble etre l’essentiel : les Institutions. Car un depart du President Biya, ou un simple transfert "ethnique" du pouvoir, n’apporteraient aucun changement veritable, si les Institutions n’etaient pas profondement remaniees en parallele. Le Cameroun resterait prisonier du meme cercle vicieux, et reproduirait les memes spasmes, de maniere repetitive.

Le President Biya de par la nature de sa charge, peut et doit etre critique, democratie oblige. Mais au meme titre que tout individu, et en raison aussi de l’importance de cette meme charge, il merite d’etre respecte. La lecture de certaines contributions ecrites, ainsi que les commentaires subsequents, ont vite fait de me conforter dans un sentiment que j’avais deja eu a exprimer, savoir que le Cameroun se trouve a la confluence de deux formes d’ethnofascisme : si l’une -populaire- est decrite comme etant le fait "d’ethno-frustres", l’autre, reconnaissable tant a son mode de diffusion qu’a ses zelateurs, vient des spheres proches du pouvoir.

Davantage que de la haine, l’exasperation des premiers tient sans doute de l’impatience decoulant d’un regne trop long, ou le quotidien , aux difficultes sans cesse croissantes, fait ressentir durement le recul de l’Etat dans ses fonctions essentielles (Education, Sante, Securite, Justice..) ; et ou les attentes inexorablement s’accumulent dans une lethargie inerte que le President Biya est lui-meme le premier a denoncer dans ses discours. indexer l’un tout en s’accomodant ou en nourrissant l’autre ne resout rien, car en realite, l’un autant que l’autre sont condamnables ; et doivent etre combattus avec determination par tout patriote soucieux de preserver notre vivre ensemble dans la paix, l’harmonie et la concorde.

Tout se passe comme si chaque camps a une frequence quotidienne comptait ses troupes, en esperant engranger de nouvelles recrues grace a des messages toujours aussi enflammes acclames par des groupies prealablement conditionnees ; jusqu’au jour ou quelques uns, lasses de simple paroles, se saisiront de gourdins, de matchettes, voire d’armes a feu ; et la suite, on peut l’imaginer !

C’est arrive ailleurs, c’est arrive au loin ; c’est aussi arrive tout pres : les cendres du Rwanda et de la Centrafrique sont encore fumantes. Nous ne sommes pas a l’abri de tels scenaris, a moins de prendre conscience de la gravite de la situation, et agir en amont, c’est-a dire aujourd’hui, et maintenant !

Dans le double but de preserver une paix sociale durable, et consolider l’edifice Republicain, un train de reformes semble d’ores et deja indispensable. Mes reflexions autant que mon souci d’y apporter ma modeste contribution citoyenne m’ont inspire les quelques directions qui suivent, celles-ci pouvant etre commentees, discutees, eventuellement completees :

1) Reaffirmation du caractere unique et unitaire de la Republique, auquel doit se referer tout projet futur de decentralisation, ou de deconcentration politique et administrative

2) Affirmation et inscription dans la Constitution de l’autochtonie** comme critere fondamental, naturel et inne d’obtention de la nationalite Camerounaise

3) Instauration d’une citoyennete unique et egale sur l’etendue du territoire national, par suppression dans la loi electorale des notions discriminantes d’autochtone et d’allogene

4) Retour a une limitation du mandat Presidentiel : deux (2) Septennats consecutifs, sans derogation, ni modification possible.

HIPPOLYTE NWAL Juriste d’Affaires, Specialise dans la Gestion Bancaire et la prospective des Institutions Financieres (Universite PARIS V RENE DESCARTES) Business Consultant. USA.



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